Une table de quartier à Nice : l’histoire de Margot et Daniel
Sur la place Arson, face aux boulistes, le restaurant Chez Margot attire l’attention avec sa devanture jaune et noire. Ce petit établissement, géré par un couple marié depuis quarante-deux ans, propose des galettes, des crêpes et des burgers, témoignant d’une histoire d’amour et de cuisine qui a débuté à l’autre bout du monde.
Les gérants plaisantent sur les premières impressions des clients : « Au début, des gens se demandaient ‘qui est ce vieux couple venu blanchir de l’argent ?’ ». Ils sont les seuls commerçants de la place, qui se prête à des parties de pétanque. L’enseigne, avec ses petits meubles pliants et chaises dépareillées, évoque une guinguette, comme le souligne Daniel.
À la carte, les prix ne dépassent pas dix-huit euros. Margot précise : « On tenait à être cette table de quartier où les gens viennent par habitude, sans faire un semi-gastro ». Les enfants sont également pris en compte, avec des jouets à disposition pour les divertir pendant que les adultes discutent.
Un parcours atypique
Bien que l’on puisse penser à un héritage breton, les spécialités de Chez Margot trouvent leurs racines en Asie. Le couple a vécu plusieurs années en Thaïlande et en Chine, où Daniel a commencé à préparer des repas pour des voyageurs. « On n’avait pas l’idée de lancer un restaurant, l’opportunité s’est simplement présentée », raconte-t-il. Il a même enseigné l’art culinaire dans des hôtels chinois à l’ouverture du pays dans les années 1990.
Après avoir élevé leurs enfants en Chine, le couple a décidé de rentrer en France pour se rapprocher de leur fille travaillant à Antibes. Ils apprécient à Nice le mélange d’une grande ville à taille humaine, loin de l’effervescence de Shanghai.
Un lien avec la communauté
Daniel évoque son désir de préserver un lien intime avec les clients : « Je suis exactement où je devrais être. Beaucoup nous racontent l’histoire du quartier et de la place avec son ancienne manufacture de tabac ». Le restaurant est devenu un lieu de rencontre pour les habitants, qui viennent jouer aux cartes et partager des souvenirs.
Malgré quelques nuisances signalées dans le quartier, Margot affirme que la situation s’est calmée. Elle souligne également les défis auxquels font face les commerces indépendants, notant que beaucoup d’entre eux peinent à survivre dans cette zone.
Conclusion
Chez Margot est plus qu’un simple restaurant : c’est un lieu où se tissent des liens communautaires, ancré dans l’histoire d’un couple qui a su naviguer entre cultures et cuisines. Leur engagement à servir leur quartier témoigne d’un véritable esprit de convivialité.
Source : Nice-Presse
