Nous ne capitulerons pas : 30 ans de bataille contre les déchets nucléaires
Ce weekend, du 14 au 16 août, le champ de Saint-Amand-sur-Ornain (Meuse), situé à environ quinze kilomètres de Bure, accueillera la cinquième édition des Bure’lesques. Cet événement rassemblera les opposants au projet Cigéo, une installation que l’État et l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) souhaitent creuser à 500 mètres sous terre pour y enfouir les déchets radioactifs les plus dangereux du parc nucléaire français.
La manifestation se déroulera sous une surveillance accrue. Deux arrêtés, pris le 4 août par la préfète de la Meuse, imposent un dispositif policier strict, interdisant le transport de divers matériaux, y compris du bois et des objets pyrotechniques, ainsi que la dissimulation du visage. Des drones et un hélicoptère de la gendarmerie seront également mobilisés pour surveiller l’événement.
Une quarantaine de personnes et quinze organisations, dont la Ligue des droits de l’Homme et le Syndicat des avocats de France, ont saisi en référé-liberté le tribunal administratif de Nancy, dénonçant ce dispositif comme disproportionné. Le 12 août, la justice a permis l’utilisation de matériel de sonorisation, mais a validé l’utilisation des drones et de l’hélicoptère, considérant leur emploi comme non « manifestement disproportionné ».
Contexte de la lutte
La contestation contre le projet Cigéo dure depuis près de trente ans, marquée par des réunions publiques, des recours juridiques, des manifestations et des occupations. Des générations de militants se succèdent face à un projet dont l’échelle temporelle semble décourageante. Dans les années 2000, des opposants ont acquis un corps de ferme pour établir un lieu de résistance. En 2013, le boycott d’une consultation publique avait ravivé la lutte, suivi en 2016 par l’occupation du bois Lejuc, qui a temporairement freiné le projet.
Corinne François, membre du collectif Burestop, souligne l’importance de cette édition du festival, la qualifiant d’année charnière, avec une décision d’autorisation de création (DAC) prévue pour fin 2026 ou début 2027.
Données et enjeux futurs
Le projet Cigéo, si mis en œuvre, devrait avoir une durée d’exploitation d’au moins un siècle, et le stockage des déchets pourrait devenir un problème pour les générations futures, certaines substances restant dangereuses pendant plusieurs centaines de milliers d’années. L’Andra a déposé en janvier 2023 sa demande d’autorisation de création, et l’Autorité de sûreté nucléaire a rendu un avis favorable fin 2025, tout en demandant des compléments d’informations.
Conséquences
La lutte à Bure soulève des questions fondamentales sur la gestion des déchets nucléaires et la responsabilité des générations futures face à des décisions qui engagent des siècles. La mobilisation continue, alors que les opposants cherchent toujours des moyens pour bloquer le projet.
Source : Reporterre



