Procès Weinstein : le juge déclare nulle la procédure pour viol
Le juge en charge du procès de l’ex-producteur de cinéma Harvey Weinstein a déclaré nulle, jeudi, la procédure relative à l’accusation de viol, suite à des délibérations tendues au sein du jury. Cette décision ne remet cependant pas en cause le verdict de culpabilité prononcé la veille pour agression sexuelle.
« Je déclare un procès nul pour le seul dossier qui n’a pas encore été tranché », a déclaré le juge Curtis Farber lors d’une audience au tribunal de Manhattan. Harvey Weinstein a été reconnu coupable, mercredi, d’une agression sexuelle, tandis que le jury l’a acquitté pour une autre agression sexuelle sans avoir encore rendu son verdict concernant l’accusation de viol.
Les douze jurés de la cour pénale de Manhattan avaient unanimement déclaré le fondateur des studios Miramax « coupable » d’agression sexuelle en 2006 sur l’ancienne assistante de production Miriam Haley, l’ayant forcée à subir un cunnilingus dans son appartement. En revanche, il a été déclaré « non coupable » d’une agression sexuelle similaire sur la mannequin polonaise Kaja Sokola, alors âgée de 19 ans.
L’accusation de viol concernait l’aspirante actrice Jessica Mann, pour des faits survenus en 2013. Ce dossier a suscité des échanges vifs parmi les jurés, au point que le juge Farber les avait renvoyés chez eux mercredi à la mi-journée pour « calmer les esprits ». Le juge a indiqué que les délibérations étaient devenues si houleuses qu’il se voyait contraint de déclarer un procès nul, après qu’un membre du jury a rapporté avoir été menacé par un autre.
Harvey Weinstein, producteur de nombreux succès tels que « Sexe, mensonges et vidéo », « Pulp Fiction » ou « Shakespeare in Love », avait été condamné en 2020 à 23 ans de prison pour les faits concernant Miriam Haley et Jessica Mann, à l’issue d’un procès qui avait marqué une victoire pour le mouvement #MeToo. Cependant, l’année dernière, la cour d’appel de New York avait annulé cette condamnation pour des raisons procédurales, entraînant la tenue d’un nouveau procès à partir du 15 avril, dans un contexte médiatique moins intense qu’en 2020.
Source : Brut.



