Portrait d’Anicet Sebeloue, éclusier au canal du Midi
À 55 ans, Anicet Sebeloue a quitté les cabines de contrôle de la Seine pour les platanes du canal du Midi. Depuis septembre 2025, cet agent de Voies Navigables de France (VNF) est en poste sur le secteur de Négra, à Montesquieu-Lauragais. Il s’occupe de l’entretien des écluses, assiste les plaisanciers et surveille le canal, savourant chaque jour passé au contact de la nature.
Au bord de l’écluse de Négra, le soleil filtre à travers les branches, illuminant le sourire d’Anicet Sebeloue. L’homme, qui maîtrise les ouvrages hydrauliques, a récemment déménagé dans le Lauragais après une carrière de vingt et un ans chez VNF, principalement en Normandie. « Là-bas, nous étions en exploitation quasiment 90 % du temps, dans une cabine, à distance. Ici, c’est totalement différent », explique-t-il.
Ses journées commencent à 8 heures et se terminent à 19 heures, avec une pause méridienne. Sur cette portion du canal, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, Anicet et son équipe de cinq agents gèrent onze écluses sur une trentaine de kilomètres. « Notre rôle principal, c’est d’asr le passage des plaisanciers », précise-t-il.
En dehors des heures de passage des bateaux, Anicet remplit divers rôles, devenant tantôt mécanicien, jardinier ou vigie. Il effectue des vérifications techniques, entretient les espaces verts et surveille les ouvrages. « Nous avons des plans de vérification tous les quinze jours ou tous les mois, mais il faut parfois intervenir plus souvent en fonction des conditions climatiques », indique-t-il.
Après les tempêtes, il inspecte le linéaire pour repérer les arbres tombés ou les branches menaçantes, un travail de surveillance essentiel sur ce patrimoine vieux de plus de 350 ans. Bien que rien ne le prédestinait à ce métier, Anicet a réussi un concours VNF au début des années 2000, le propulsant sur l’Oise, puis sur la Seine, avant d’arriver à Toulouse.
Aujourd’hui installé dans une maison éclusière à Castanet-Tolosan, il apprécie la proximité des Pyrénées et sa passion pour le vélo. « Quand on se focalise sur l’écosystème du canal, la flore, la faune, les cyclistes, les oiseaux… c’est magnifique », souligne-t-il. Même si le travail est physiquement exigeant, il se dit comblé par son environnement.
Le canal du Midi, plus qu’un simple ouvrage hydraulique, est devenu pour lui un véritable lieu de vie, où il incarne l’un des visages souriants de cette région.
Source : La Dépêche



