Festival antinucléaire :

Festival antinucléaire : « Personne ne vient casqué ni cagoulé », s’exclament les organisateurs face à l’impressionnant déploiement des forces de l’ordre

Le tribunal administratif a rejeté mercredi 12 août 2026 les recours des associations contre des arrêtés préfectoraux pris par la préfète de la Meuse dans le cadre du festival « Les Bure’lesques ». Face à l’impressionnant dispositif des forces de l’ordre, les opposants au centre d’enfouissement des déchets nucléaires de Bure dénoncent des mes liberticides.

Le juge des référés du tribunal administratif de Nancy (Meurthe-et-Moselle) a rejeté les requêtes d’une cinquantaine d’associations et de particuliers visant deux arrêtés pris le 4 août 2026. Le festival « Les Bure’lesques », qui se tient du 14 au 16 août 2026 à Saint-Amand-sur-Ornain, est organisé par les opposants à Cigéo, le site d’enfouissement des déchets nucléaires les plus dangereux à Bure.

La juge des référés a maintenu l’arrêté qui impose des contrôles par les forces de l’ordre sur un territoire de 300 km², ainsi que le survol et la captation d’images du festival par un hélicoptère et deux drones. Maître Brigitte Jeannot, défenseure des requérants, estime que ces mes sont injustifiées : « Personne ne vient casqué ni cagoulé ou pour troubler l’ordre public. Le festival est un évènement statique, festif et de nature informative. »

L’ordonnance de la juge maintient également l’interdiction de transporter des combustibles, feux d’artifice ou objets pouvant constituer une arme. La préfecture justifie le déploiement exceptionnel de moyens de contrôle en raison d’un contexte historique d’opposition et de manifestations autour du site d’enfouissement.

L’ordonnance précise que les mes sont justifiées par le contexte d’opposition violente concernant le projet Cigéo, impliquant de possibles atteintes physiques aux forces de l’ordre. Maître Jeannot conteste cette argumentation, soulignant qu’aucune des quatre précédentes éditions n’a généré de manifestations ou de violences.

Elle déplore l’amalgame fait entre le festival et les manifestations anti-Cigéo des dernières années : « C’est ce qui justifie un risque prétendu de troubles à l’ordre public. » La juge reconnaît l’absence de troubles lors des précédentes éditions, mais justifie le rejet des recours par des actions militantes antérieures.

Sont également interdites les installations de systèmes de sonorisation, au motif que cela pourrait permettre l’organisation d’une rave party. La juge a conclu que cette me portait une atteinte grave aux libertés d’expression et de réunion, n’étant pas justifiée.

Les organisateurs estiment que programmer des projections de films et des conférences sans système de sonorisation, avec le bruit d’un hélicoptère et le bourdonnement des drones, aurait rendu le festival impossible.

Source : France 3 Régions

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