Cancer du poumon : les nouveaux traitements présentés au congrès de l’ASCO 2026

Cancer du poumon : les nouveaux traitements présentés au congrès de l’ASCO 2026

Le congrès international de cancérologie ASCO 2026, qui s’est tenu à Chicago, a mis en lumière des avancées prometteuses dans le traitement du cancer du poumon. Les résultats présentés soulignent l’espoir de contrôler la maladie sur le long terme, d’atteindre des patients jusqu’alors sans option thérapeutique, et de combiner différentes approches pour améliorer l’efficacité des traitements.

Il y a vingt ans, la chimiothérapie était le seul traitement systémique disponible pour le cancer du poumon, souvent avec des effets secondaires lourds et un contrôle limité de la maladie. Aujourd’hui, la médecine oncologique a évolué grâce à l’identification des mécanismes de développement des tumeurs et au développement de thérapies ciblées. Le profil moléculaire des tumeurs est désormais systématiquement analysé pour détecter des altérations dans des gènes tels que l’EGFR (10-15 % des cas), ALK (5 % des cas) et RET (moins de 2 % des cas). En cas d’absence d’altération, l’immunothérapie est envisagée pour renforcer le système immunitaire des patients.

Le Pr Benjamin Besse, oncologue à Gustave Roussy, a déclaré : « L’arrivée des premières thérapies ciblées dans les années 2000, suivie de l’immunothérapie dix ans plus tard, a constitué une véritable révolution. Les résultats de l’ASCO 2026 montrent que ces révolutions continuent d’évoluer. »

Vers une utilisation plus précoce des anti-RET

Les thérapies ciblées, initialement réservées aux formes avancées et métastatiques, montrent désormais leur efficacité plus tôt dans la maladie, comme le démontre le selpercatinib, qui s’est avéré efficace même lorsque le cancer est encore localisé. Le Pr Besse souligne que cet inhibiteur, administré après une chirurgie, réduit considérablement le risque de progression de la maladie.

ALK : un contrôle à long terme

Pour les cancers présentant une altération du gène ALK, le lorlatinib, un inhibiteur de troisième génération, a montré des résultats sans précédent : après sept ans de suivi, plus de la moitié des patients ne présentent aucun signe de progression. Cependant, le Pr Besse note qu’il faudra encore quelques années pour évaluer l’impact sur l’espérance de vie.

Découverte de la mutation transversale MTAP

Une avancée significative a été la découverte d’une mutation entraînant la perte du gène MTAP, qui peut coexister avec d’autres altérations. Cette mutation, présente dans environ 20 % des cancers du poumon, ouvre la voie à de nouvelles associations thérapeutiques. Les inhibiteurs ciblant cette délétion, comme PRMT5 et MAT2A, montrent des résultats prometteurs.

EGFR : ciblage des mutations rares

Les mutations du gène EGFR, bien que localisées dans quatre zones spécifiques, ont longtemps laissé certains patients sans options. Le sunvozertinib, un nouvel inhibiteur ciblant spécifiquement les mutations de l’exon 20, pourrait révolutionner le traitement pour ces patients, qui n’avaient auparavant que la chimiothérapie comme option.

Redécouverte des antiangiogéniques

Les résultats de l’ASCO 2026 suggèrent une nouvelle approche en utilisant des anticorps bispécifiques pour bloquer simultanément le PD-L1 et le VEGF, un processus essentiel à l’angiogenèse tumorale. L’ivonescimab, l’un des anticorps les plus avancés, pourrait offrir de nouvelles possibilités de traitement, notamment pour les patients atteints de cancer du poumon épidermoïde.

Ces avancées témoignent d’une dynamique positive dans la lutte contre le cancer du poumon, avec l’espoir d’améliorer significativement la qualité de vie et les perspectives de survie des patients.

Source : ASCO 2026, Pr Benjamin Besse, Gustave Roussy.

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