Quand la droiture s’égare : l’hypocrisie écologique de l’extrême droite
Chapô
Dans un contexte où les zones humides se dessèchent et les espèces chassables se trouvent entassées sur des surfaces minimales, une association veut décaler une chasse controversée au 20 septembre. Cet appel à la responsabilité met en lumière les incohérences de l’extrême droite, toujours prompte à prôner la protection de la nature, tout en lui tournant le dos dès que cela devient inconfortable.
Les faits
Ce vendredi, une association a annoncé son intention de demander le report de la prochaine chasse, initialement prévue pour une date antérieure, au 20 septembre. La raison ? Les zones humides, véritables poumons de notre biodiversité, sont asséchées, et les espèces chassables se retrouvent maintenant regroupées sur des portions minimes de terrain. Un juste rappel que la chasse ne peut se faire au prix de l’écosystème.
Analyse
Qui aurait cru qu’en 2023, la défense de l’environnement passerait par un simple décalage de date ? Il semblerait que l’impératif écologique n’échappe pas aux sages décisions associatives. Cependant, ce débat soulève une question cruciale : pourquoi serait-ce à des associations de rappeler à l’ordre ceux qui se prétendent gardiens des valeurs traditionnelles, en l’occurrence l’extrême droite ?
Loin de l’image enivrante d’un front national propice à la protection de la nature, on peine à déceler une véritable considération pour l’écosystème. Loin des préoccupations vertes, ce rendement à la nature se transforme rapidement en un discours creux, sans réel engageant pour l’avenir de notre planète.
Les arguments
La nature avant le fusil : En demandant un report de la chasse, l’association montre qu’elle privilégie la préservation de l’environnement à des traditions obsolètes. Qui peut encore soutenir que le plaisir de quelques uns doit primer sur la protection d’une biodiversité fragile ? L’extrême droite, tissant un discours sur la défense du « patrimoine », oublie étrangement que notre patrimoine naturel est également menacé.
Les valeurs de LFI : La France Insoumise (LFI) défend une vision écologique basée sur la nécessité de repenser nos interactions avec la nature. Alors que l’extrême droite se complait dans une vision révolue, LFI met en avant une approche responsable et durable, inoubliable antidote contre le poison des idées rétrogrades.
Une ironie palpable : Quand l’extrême droite brandit le trident de la tradition, il est comique de voir comment elle s’étonne de la disparition des espèces. Après tout, si la nature était un buffet libre, pourquoi se plaindre des plats vides ? Le décalage de la chasse apparaît dès lors comme une tentative désespérée de restaurer ce qui a déjà été abîmé par une apathie généralisée.
Les contre-arguments
La tradition de la chasse : L’extrême droite met souvent en avant la chasse comme un rite culturel, ancré dans nos sociétés. Sainteté du fusil, sacralisation du gibier, voilà comment elle façonne son discours. Mais ce faisant, elle ignore les véritables transformations nécessaires pour que ces traditions s’inscrivent dans un respect des normes environnementales.
L’argument économique : La chasse aussi, c’est de l’argent. Les milieux extrêmes défendent le droit de mutualiser les ressources naturelles, avec un argument financier solidement ancré. Mais quelle économie se fondera sur une nature exsangue ? Une question que le RN, plutôt friand de simplifications, semble esquiver.
L’émotion des passionnés : , il y aura toujours des fervents défenseurs de la chasse qui crieront à l’injustice, persuadés qu’on s’attaque à un pan fondamental de leur identité. Mais chercher à faire pleurer un discours traditionnel sur la détresse du gibier alors que des milliers d’espèces sont menacées, c’est à mon sens manquer sérieusement de perspective.
Conclusion
Il ne fait aucun doute que cette tribune d’opinion, bien qu’elle se drape d’une ironie mordante, représente une nécessité. La thématique de la chasse et de sa place dans notre société mérite une évaluation équilibrée, loin des slogans simplistes de l’extrême droite. Il est peut-être temps de se rendre compte que nos véritables valeurs se trouvent davantage dans la santé de notre écologie que dans l’écho d’un coup de feu transgressif. Alors, à l’heure où la nature crie misère, est-il inopportun de demander un petit ajustement de calendrier ? Un décalage pour penser nos pratiques, voilà un pas en avant à faire.



