Récap 2026 : la DSI reprend le contrôle d’un SI trop fragmenté

Récap 2026 : La DSI reprend le contrôle d’un SI trop fragmenté

Les entreprises françaises se trouvent confrontées à un défi majeur : la nécessité de rétablir la cohérence au sein de leurs systèmes d’information (SI), devenus trop complexes et fragmentés. Ce constat a été souligné lors des entretiens de l’émission « L’Invité de la semaine », animée par Guy Hervier, qui a regroupé des experts du secteur IT.

La quête de souveraineté numérique et l’industrialisation de l’intelligence artificielle (IA) ne peuvent se réduire à des changements superficiels de fournisseurs ou à l’ajout de nouvelles technologies. Pour ces transformations, un préalable s’impose : reprendre le contrôle de l’architecture des systèmes d’information.

Les entreprises subissent les conséquences de plusieurs années d’accumulation technologique. La recherche d’efficacité a conduit à l’adoption d’outils spécialisés et à la multiplication des services cloud, créant une complexité qui rend la sécurité et l’évolution des systèmes plus coûteuses et difficiles. Chaque choix technologique, pris isolément, pouvait paraître rationnel, mais leur agglomération a souvent abouti à des SI moins lisibles et plus difficiles à gérer.

Cette fragmentation pose un problème particulier dans le contexte de l’IA. Un agent intelligent doit accéder à des données pertinentes et comprendre les règles d’entreprise sans créer de ruptures de contexte. Un SI éclaté complique cette orchestration. Avant d’intégrer davantage d’IA, les directions des systèmes d’information (DSI) doivent clarifier les responsabilités et harmoniser les outils.

La maîtrise des dépendances technologiques est également cruciale pour la souveraineté. Une organisation doit savoir quels fournisseurs et composants sont essentiels à ses applications critiques pour garantir sa réversibilité. L’autonomie requiert des architectures modulaires, permettant des changements sans reconstruction complète.

Ce retour à la cohérence redéfinit le rôle de la DSI, qui devient un chef d’orchestre, capable d’équilibrer autonomie des métiers et règles communes. Des concepts tels que le platform engineering et l’open source ne sont plus de simples tendances, mais des moyens de restaurer cette capacité de pilotage.

Les intervenants de l’émission ont apporté des perspectives variées sur cette reconstruction. Thomas Ciezar, de Zoho, appelle à une DSI orchestrant un environnement applicatif intégré. Habib Guergachi, d’Ante.Future, remet en question la gouvernance des logiciels, tandis que Benjamin Brial, de Cycloid, défend le platform engineering comme solution au chaos du cloud. Enfin, Smaïne Kahlouch et Aurélien Violet soulignent l’importance des retours d’expérience et de la portabilité.

Ces réflexions convergent vers un message unique : avant d’accroître l’autonomie ou de confier plus de responsabilités à l’IA, les entreprises doivent d’abord restaurer la maîtrise de leur propre système d’information. Un SI incohérent représente non seulement un coût supplémentaire, mais constitue également un frein à la souveraineté et à l’innovation.

Source : InformatiqueNews

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