La France a un pas de tir de 344 millions d’euros au bord de la forêt guyanaise : ce qui l’a vidé n’était ni une panne ni un manque de clients
Une tour d’acier de 52 mètres, érigée depuis 2011 près de la forêt amazonienne en Guyane, a été détruite le 24 avril 2026 par une explosion contrôlée. Cette démolition n’était pas due à des problèmes techniques ou à une vétusté de l’infrastructure, mais à des décisions politiques prises à distance, à Bruxelles et à Moscou, qui ont conduit à son abandon quatre ans auparavant.
Le pas de tir Soyouz de Sinnamary a réalisé 27 lancements entre 2011 et 2022, avec un taux de succès de 96%. Le dernier lancement, effectué le 10 février 2022, a mis en orbite 34 satellites de communication OneWeb. Cependant, deux semaines plus tard, l’activité a été interrompue.
La décision de suspendre les opérations a été prise le 26 février 2022, lorsque Dimitri Rogozin, directeur de l’agence spatiale russe Roscosmos, a annoncé la cessation de la coopération avec les partenaires européens, en réponse à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Cette rupture a entraîné le rappel de 87 ingénieurs russes, rendant impossible toute campagne de lancement.
Le projet « Soyouz à Kourou » avait un coût total de 344 millions d’euros, financés conjointement par l’Europe et la Russie. Ce montant comprend 121 millions d’euros pour des travaux réalisés en Russie, financés par un emprunt auprès de la Banque européenne d’investissement, garanti par l’État français. Ainsi, des fonds publics européens ont contribué à financer une infrastructure devenue un vestige géopolitique.
Entre 2022 et 2026, le site n’a pas été totalement abandonné, mais a été maintenu en état de surveillance, jusqu’à ce qu’un échange en 2023 permette de récupérer des satellites britanniques immobilisés au Kazakhstan. En novembre 2023, lors d’un sommet spatial à Séville, la propriété des infrastructures de Soyouz a été transférée au CNES.
La démolition de la tour a marqué la fin de 15 années de coopération franco-russe dans le domaine spatial. Bien que des motifs techniques aient été avancés pour justifier la destruction, la dimension symbolique de cette action a été largement reconnue par les experts européens.
Désormais, MaiaSpace, filiale d’ArianeGroup, a récupéré une partie des installations pour développer un lanceur réutilisable, utilisant les mêmes fondations pour avancer vers une indépendance spatiale européenne.
Sources : Sénat, France News Pravda, Techno Science



