L’affaire Maadiar : un enseignant sous le feu des critiques
Un enseignant, Xavier Daban, fait actuellement l’objet d’une procédure disciplinaire après plusieurs mois de suspension, en lien avec une affaire révélée le 13 août par Mediapart. Cette affaire a débuté autour d’un atelier consacré au fanzine dans un établissement scolaire.
Entre septembre 2025 et février 2026, une élève de terminale, désignée sous le prénom de Jeanne pour préserver son anonymat, serait devenue l’unique participante de cet atelier. C’est l’une des bandes dessinées produites, intitulée Bergson Issue, qui a conduit à l’intervention de la direction et du rectorat.
De l’atelier au signalement
Selon les éléments recueillis, le numéro réalisé en décembre mettait en scène un faux professeur soumettant des lycéens à un questionnaire sur leur nombre de partenaires sexuels, leur tour de poitrine, leur taille de sous-vêtements, ou encore leur position sexuelle préférée. Ce personnage réapparaissait ensuite dans une situation explicitement sexualisée avec une élève.
Xavier Daban conteste la lecture de ces dessins, affirmant que le personnage n’est pas un professeur, mais un kappa, une créature du folklore japonais. Il défend l’idée d’une fiction parodique et rejette le terme « pédopornographique » pour qualifier cette bande dessinée. Jeanne, de son côté, a déclaré s’être rendue à l’atelier à contrecœur et avoir été gênée par l’évolution du projet. Elle affirme que Daban serait l’auteur de la majorité des dessins et qu’elle n’aurait participé qu’aux dernières cases, où elle a voulu exprimer son dégoût.
En février 2026, après avoir cessé de participer à l’atelier, Jeanne a remis un témoignage écrit à la direction, décrivant des conversations qu’elle juge inappropriées. Suite à cela, un signalement a été effectué au procureur de la République le 16 mars, et Daban a été suspendu pendant quatre mois.
Des alertes antérieures
L’épisode du fanzine n’aurait pas constitué la première alerte au lycée Henri-Bergson. Dès avril 2023, des membres du personnel auraient recueilli des témoignages d’élèves évoquant des remarques à connotation sexuelle. Les préoccupations portaient également sur la frontière entre son métier d’enseignant et ses comptes personnels, notamment des contenus jugés inappropriés.
Daban, sous le pseudonyme Maadiar, publie des bandes dessinées depuis plusieurs années et a été impliqué dans des projets controversés, notamment une bande dessinée mettant en scène une relation sexuelle entre un professeur et une élève mineure.
Une plainte déposée
En avril, les parents de Jeanne ont déposé plainte visant la diffusion d’images pédopornographiques et la tentative de corruption de mineure. Le père, avocat, a également porté plainte pour non-assistance à personne en danger, visant ceux qui auraient été informés des alertes sans agir.
À la date de publication de l’enquête de Mediapart, aucune suite n’avait été donnée à cette plainte. Daban conteste les accusations, affirmant être victime de malentendus concernant son travail. Le rectorat a indiqué qu’il ne serait pas placé devant des élèves à la rentrée.
Cette affaire soulève des questions sur la responsabilité des établissements scolaires et la protection des élèves face à des situations potentiellement abusives.
Source : Mediapart



