RDC: nombreux signes de décrispation politique, la loi référendaire renvoyée devant le Parlement

RDC : Signes de décrispation politique avec la loi référendaire renvoyée devant le Parlement

En République démocratique du Congo (RDC), plusieurs développements récents sont perçus comme des signes de décrispation politique. Parmi ceux-ci, la reprise des discussions autour d’un dialogue national, la restitution de passeports à certains opposants, et l’évolution de plusieurs dossiers judiciaires. De plus, le président Félix Tshisekedi a demandé une nouvelle délibération devant le Parlement sur le texte organisant le référendum, marquant ainsi une étape importante à l’approche du 15 août, date fixée par la coalition d’opposition C64 pour évaluer la situation et décider de la suite de sa mobilisation. Toutefois, plusieurs revendications de cette coalition restent sans réponse.

La dynamique a véritablement évolué le 17 juillet 2026, lorsqu’après une rencontre de plus de deux heures avec les responsables des confessions religieuses, le cardinal Fridolin Ambongo a annoncé que Félix Tshisekedi avait « levé l’option » d’un dialogue « entre fils et filles du Congo ». Cela a été confirmé par le gouvernement, signalant une évolution par rapport aux positions précédentes du chef de l’État, qui souhaitait maîtriser le cadre et les modalités de ce dialogue.

Trois jours plus tard, le 20 juillet, la C64, qui regroupe des figures de l’opposition comme Martin Fayulu et Moïse Katumbi, a décidé de reporter une marche prévue pour le 22 juillet, accordant ainsi un délai aux médiations, mais fixant une échéance au 15 août. Parmi ses revendications figurent l’abandon d’une révision de la Constitution et la libération des prisonniers politiques.

Des changements concrets ont également été observés. En juillet, Delly Sesanga a récupéré son passeport après une confiscation à l’aéroport de N’Djili, lui permettant de se rendre à Bujumbura pour rencontrer le président burundais Évariste Ndayishimiye. Le 8 août, Olivier Kamitatu a obtenu le renouvellement de son passeport à l’ambassade de RDC à Bruxelles, bien que son passeport diplomatique reste confisqué.

D’autres évolutions judiciaires concernent Aubin Minaku et Emmanuel Ramazani Shadary, deux responsables du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), qui, après plus de 200 jours de détention, ont vu leurs dossiers transférés à l’Auditorat militaire général. Une demande de liberté provisoire a été déposée le 11 août, mais leur situation demeure inchangée.

Les discussions se poursuivent également entre Félix Tshisekedi et des représentants des Églises, avec une contre-proposition soumise le 11 août. Cependant, un désaccord persiste sur la définition d’un dialogue inclusif, notamment concernant l’inclusion de Joseph Kabila et de l’AFC/M23.

Concernant le dossier du référendum, la Cour constitutionnelle a déclaré conforme, sous treize réserves d’interprétation, la proposition de loi fixant les conditions d’organisation du référendum. Félix Tshisekedi a demandé une nouvelle délibération sur le texte au Parlement, dont le processus législatif doit reprendre en septembre.

À l’approche du 15 août, le bilan de cette période de décrispation reste mitigé. Bien que des signes d’apaisement se soient manifestés, les principaux contentieux, tels que la détention de certains opposants et la question de la révision constitutionnelle, demeurent non résolus.

Source : RFI

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *