JOEL SAGET / AFP
Antoine Volodine, ici posant pour des photos avec 11 livres qui paraîtront simultanément à l’automne, à Paris, le 16 juin 2026.
Antoine Volodine, écrivain français, réalise une performance sans précédent en publiant 11 romans chez 11 éditeurs différents, marquant ainsi la conclusion de sa carrière littéraire.
À partir du 24 août, pour la rentrée littéraire, ces ouvrages seront disponibles dans les librairies, publiés par des maisons d’édition de renom telles que Robert Laffont, Seuil, Actes Sud, Minuit, ainsi que par des éditeurs moins connus comme La Volte et Verdier.
Les livres, signés sous le pseudonyme Infernus Iohannes, sont le fruit de Jean Desvignes, également connu sous le nom d’Antoine Volodine, qui a reçu le Prix Médicis en 2014 pour Terminus radieux et le Prix Inter pour Des anges mineurs.
Ces 11 livres, dont les pages varient de 150 à 320, portent des titres tels que Ultimes sursauts, Mémoire, mode d’effroi, Survies minuscules, et Malaise chez les plongeuses. Tous partagent le sous-titre Retour au goudron, qui est également le titre du dernier ouvrage de la série.
« C’est un geste artistique qui marque la fin », déclare l’écrivain septuagénaire, évoquant la vieillesse et la maladie. Ce projet ambitieux est en préparation depuis les années 1980, lorsque Volodine a introduit le concept de « post-exotisme », un univers littéraire complexe, riche de voix multiples.
« Je me tais », phrase ultime du 49e et dernier tome
Retour au goudron, le 49e et ultime tome de cette série, se conclut par la phrase « Je me tais », une affirmation que Volodine avait annoncée il y a plusieurs décennies.
Les récits de ces livres plongent les lecteurs dans des mondes oniriques, souvent sombres. L’auteur reconnaît que l’univers du post-exotisme est marqué par la cruauté, l’absurde et un humour grinçant, reflet des tragédies du XXe siècle.
Passionné par les cultures asiatiques, Volodine met en scène des personnages évoluant entre la vie et la mort, en lien avec le concept de « bardo » dans le bouddhisme. L’humour, bien que souvent amer, est omniprésent.
Concernant l’ordre de lecture, Volodine précise qu’il n’y a pas de séquence imposée, permettant aux lecteurs de commencer par n’importe lequel des 11 livres, qui peuvent être lus de manière indépendante.
L’écrivain a su adapter son écriture aux spécificités de chaque maison d’édition, diversifiant les genres avec des récits courts, des contes, des dialogues, et même des illustrations. Il espère que ses lecteurs, « les plus fidèles », prendront le temps de « tout lire » sans se presser.



