Les déserts avancent plus vite que la lutte contre la désertification

Les déserts avancent plus vite que la lutte contre la désertification

Lancée en même temps que les conventions internationales sur le climat et la biodiversité, la Convention sur la désertification est souvent désignée comme la grande oubliée de ces trois grands textes issus du Sommet de la Terre de Rio en 1992. La dégradation des terres en zone sèche concerne un tiers de la surface terrestre et menace la subsistance de 1,5 milliard de personnes parmi les plus pauvres du monde, selon la Conférence des parties à la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), dont la 17e session se tient à Oulan-Bator du 17 au 28 août.

L’année 2026 a été proclamée par les Nations unies comme celle du pastoralisme, ce qui met le sujet de l’élevage itinérant au cœur des discussions dans la capitale mongole, étant donné que cette pratique dépend étroitement de la santé des sols. Jean-Luc Chotte, président du Comité scientifique français de la désertification (CSFD), souligne que « les pratiques non adaptées à ce capital nature, comme le surpâturage, sont les premières responsables de la désertification. Leurs effets négatifs sont de plus amplifiés avec le changement climatique. »

Chaque année, 12 millions d’hectares de terres sont perdus à cause de la désertification et de la sécheresse, ce qui équivaut à un cinquième de la France.

La convention la moins financée

Jean-Luc Chotte regrette que « la désertification est beaucoup moins médiatisée que le climat et la biodiversité. Ce sujet est perçu comme très local, touchant principalement les pays du Sud. C’est aussi la convention la moins financée. » En effet, seulement 1 % des financements climatiques sont fléchés vers la lutte contre la désertification. En 2024, l’ONU a estimé les investissements nécessaires pour freiner la désertification et restaurer les terres dégradées à 430 milliards par an, comparé à 66 milliards en 2022. « Comme pour la biodiversité et le climat, les moyens ne sont pas à la hauteur des besoins », souligne le chercheur.

Des progrès ont été réalisés au cours des trois dernières décennies, notamment un renforcement de la coopération internationale et des synergies avec les COP climat et biodiversité. Des initiatives comme la Grande Muraille verte en Afrique et le Land Degradation Neutrality Fund ont été lancées.

La France affectée à son tour

En 2015, l’accord de Paris a consacré la lutte contre la désertification comme l’un des piliers de l’action climatique. La même année, la neutralité de la dégradation des terres est devenue l’un des 17 objectifs de développement durable adoptés par l’ONU.

Cependant, ces avancées n’ont pas changé la donne. En 2024, la France a été ajoutée à la liste des pays affectés par la désertification. Malgré l’urgence croissante de la question avec le réchauffement global, ce sujet reste en arrière-plan des préoccupations nationales et internationales.

Signe de cette situation, Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, ne participera pas à la COP17, selon Le Canard enchaîné, et la France sera représentée par Barbara Pompili, ambassadrice déléguée à l’Environnement. Cette absence est d’autant plus remarquée qu’elle a occupé de 2013 à 2019 le poste de secrétaire exécutive de la Convention sur la désertification.

Source : CNULCD.

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