Tour de France Femmes : « Pour 80% du peloton, c’est un vrai calvaire », faut-il vraiment encore durcir le parcours ?
Le Tour de France Femmes s’est terminé à Nice le 9 août avec la victoire de Demi Vollering, après neuf jours de compétition. Si certaines coureuses plaident pour une augmentation de la durée de la course, d’autres estiment avoir atteint leurs limites lors de cette cinquième édition.
Le parcours du Tour de France Femmes est-il devenu trop exigeant ? Après le passage de huit à neuf étapes entre 2024 et 2025, de nouvelles difficultés ont été ajoutées, telles que l’Alpe d’Huez et le Col de Madeleine, ainsi que le Mont Ventoux cette année. En 2022, le dénivelé positif s’élevait à environ 12 700 mètres sur huit étapes, tandis qu’en 2026, il atteindra 18 795 mètres répartis sur neuf étapes.
Chaque année, la difficulté du Tour de France Femmes augmente, et bien que certaines coureuses souhaitent un parcours encore plus dur, ce point de vue reste minoritaire. « À quand un Tour de 15 jours ? », s’interrogeait Juliette Berthet. Cependant, Océane Mahé, coureuse de Ma Petite Entreprise, a souligné que pour beaucoup, le parcours actuel est déjà très difficile. « Pour les gens normaux, pas complètement surhumains, comme moi et plein d’autres filles dans le gruppetto, c’est déjà super dur. »
Léonard Cosnier, directeur sportif de Saint-Michel-Preference Home-Auber 93, a déclaré : « Quand on est leader, peu importe le parcours, même s’il est extrêmement dur, c’est plus facile. Mais pour 80% des filles du peloton, c’est un vrai calvaire. Il n’y a aucune étape facile, laissant peu d’opportunités pour la majorité. »
Le cyclisme féminin est en pleine expansion, mais des disparités existent entre les équipes. Par exemple, Ma Petite Entreprise, une équipe récente, se déplace avec un camping-car, tandis que d’autres équipes comme FDJ United-Suez utilisent des bus modernes.
Ces différences de budget et de ressources influencent la compétition. Solène Muller, qui a terminé 21e de l’étape du Mont Ventoux, a admis : « C’est simple, je ne les ai pas vues de la course. Elles sont dans un autre monde. »
Certaines coureuses, comme Sandrine Tas et Valentina Cavallar, sont encore nouvelles dans le cyclisme, avec des parcours sportifs antérieurs dans d’autres disciplines. Tas, ancienne patineuse de vitesse, a noté : « Le niveau est très élevé, c’est nerveux dans le peloton. J’apprends tous les jours. » Cavallar, ancienne rameuse, a évoqué les défis d’intégrer le peloton et les différences avec l’aviron.
Malgré leur retard, ces athlètes progressent rapidement. Tas a déjà remporté une course, tandis que Cavallar s’est distinguée sur plusieurs grands tours.
Marion Rousse, directrice du Tour de France Femmes, a exprimé la nécessité d’accompagner le développement du cyclisme féminin : « Il ne sert à rien de rendre le parcours beaucoup plus dur alors qu’il y a déjà des écarts. Il faut trouver un juste milieu. »
Le format du Tour de France Femmes devrait rester inchangé pour l’année prochaine, avec un départ prévu depuis la Grande-Bretagne le 30 juillet 2027.
Source : Maria Azé et Pierre Thevenet, à Nice



