Les femmes cadres pas à l'abri des discriminations, selon Sophie Dubuis

Les femmes cadres pas à l’abri des discriminations, selon Sophie Dubuis

La présidente de Migros Genève, Sophie Dubuis, a été récompensée en mars dernier par le Swiss Who’s Who Women Award. Forte de son expérience dans des postes à responsabilité, elle souligne que les femmes rencontrent encore de nombreux obstacles pour accéder à ces fonctions et que les discriminations persistent même une fois en poste.

Ancienne présidente de Genève Tourisme et de la Fédération du commerce genevois, Sophie Dubuis occupe aujourd’hui des rôles clés, notamment celui de vice-présidente de l’Union patronale suisse. Elle a reçu le Prix du jury, honorant son parcours en tant que femme dirigeante en Suisse.

Dans une interview accordée à La Matinale de la RTS, elle a déclaré : « J’ai été extrêmement émue de recevoir ce prix. C’était une reconnaissance immense. C’est aussi une certaine responsabilité de se dire que si l’on reconnaît mon parcours, cela veut aussi dire que je peux avoir un impact. »

Une reconnaissance des sacrifices

Sophie Dubuis évoque également les sacrifices qu’elle a dû consentir en tant que femme dans le monde professionnel. Elle raconte des moments où, malgré ses compétences, on ne l’a pas choisie pour un poste en raison de préjugés liés à sa vie personnelle, notamment des considérations sur la maternité. Elle fait aussi état de situations où l’on lui a attribué des tâches non liées à ses responsabilités, comme préparer le café.

Malgré une carrière bien remplie, elle continue de faire face à des discriminations. « À bientôt 52 ans, il m’arrive encore de devoir répéter trois fois certaines choses, de devoir trouver d’autres chemins parce que je suis une femme », confie-t-elle. Elle constate que le fait d’occuper des postes de plus en plus élevés ne protège pas contre la discrimination.

Peu de représentativité

Cette situation est aggravée par le faible taux de femmes dans les postes à haute responsabilité. Selon le rapport Schilling, en 2026, la proportion de femmes dans les conseils d’administration des 100 plus grandes entreprises suisses atteindra 30 %. En revanche, pour les postes de présidence et de direction générale, ce chiffre ne sera que de 12 %.

Sophie Dubuis déplore un syndrome de l’imposteur chez les femmes, qui hésitent à postuler à des emplois si elles ne remplissent pas 90 % des critères demandés, contrairement aux hommes qui se montrent plus audacieux à 60 ou 70 %.

Sensibilisation

Elle souligne la nécessité de sensibiliser les responsables de la sélection des candidates. En tant que vice-présidente de l’Union patronale suisse, elle fait partie des quatre femmes sur 18 membres dans la direction. Elle constate que, bien que ce nombre soit faible, sa présence est significative.

Sophie Dubuis plaide également pour l’introduction de mes temporaires, comme des quotas, pour favoriser une meilleure représentation des femmes. Elle cite l’exemple du Parti socialiste, qui a mis en place des listes paritaires, devenues aujourd’hui une pratique courante.

Sources : Propos recueillis par Adrien Krause. Adaptation web : Emilie Délétroz.

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