Le Mondial le plus émetteur de l’histoire : pourquoi le bilan carbone du tournoi va doubler
La Coupe du monde de football 2026 s’annonce comme la plus polluante de l’histoire, avec une empreinte carbone estimée à 7,8 millions de tonnes d’équivalent CO₂. Cette estimation, fournie par Greenly, une agence de consulting spécialisée, indique que le bilan carbone de ce 23e Mondial va doubler par rapport à celui de l’édition précédente, qui avait lieu au Qatar en 2022, avec un total de 3,7 millions de tCO₂e.
Cette augmentation est en grande partie due à la première participation de 48 équipes, réparties sur trois pays : les États-Unis, le Canada et le Mexique. En effet, 87 % de cette empreinte carbone provient des déplacements en avion des supporters. Les 6,82 millions de tCO₂e générés par les seuls voyages des spectateurs représentent l’empreinte annuelle d’environ 725 000 Français, soit la population de Marseille.
Alexis Normand, cofondateur de Greenly, souligne que les grands événements mondiaux comme la Coupe du Monde doivent prendre en compte les enjeux environnementaux. Il appelle à organiser ces événements dans des territoires denses et bien connectés afin de réduire les distances parcourues et à faire de la durabilité un critère d’attribution.
Concernant les engagements de la FIFA, ceux-ci semblent pour l’heure vains. L’organisation avait promis en 2021, lors de la COP26, de réduire ses émissions de 50 % d’ici 2030 et d’atteindre la neutralité carbone en 2040. Cependant, sa stratégie de développement durable ne fixe pas d’objectif global de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
En 2018, le bilan carbone du Mondial 2026 était initialement estimé à 3,7 millions de tCO₂e, basé sur un format de 80 matches, alors que le nombre de matches a depuis été porté à 104. Cette estimation reste la seule référence publique de la FIFA, soulevant des interrogations sur l’importance accordée à la question environnementale par l’organisation.
Source : Greenly