25 °C au robinet : les vagues de chaleur pourraient favoriser la légionellose
Depuis le 1ᵉʳ juin, 41 cas de légionellose ont été signalés en Savoie, selon un communiqué de l’Agence régionale de santé (ARS) du 11 août. Parmi ces cas, deux personnes sont décédées. En Suisse, à Bâle, 26 infections ont été recensées, avec un décès. La légionellose, une infection pulmonaire grave causée par des bactéries de type Legionella, se transmet par l’inhalation de gouttelettes d’eau contaminées.
Sophie Jarraud, directrice du Centre national de référence des légionelles (CNR-L) à Lyon, précise que ces bactéries se développent normalement dans l’eau, mais leur prolifération devient problématique dans les systèmes d’eau sanitaire. Deux conditions favorisent leur multiplication : une température comprise entre 25 et 50 °C et une stagnation de l’eau, ce qui justifie la recommandation d’une température minimale de 50 °C pour les réseaux d’eau chaude.
Chaque année, entre 1 500 et 2 000 personnes contractent la légionellose en France, avec une augmentation des cas durant l’été, période où les températures sont plus élevées et l’utilisation de l’eau plus fréquente. Les lieux de contamination incluent souvent des campings et des piscines.
Les vagues de chaleur pourraient-elles augmenter la fréquence des cas ? Jarraud indique qu’il existe un lien entre les conditions météorologiques et l’augmentation des infections. Toutefois, cet été, aucune hausse significative n’a été observée en France, où les précipitations ont été rares.
En Suisse, la source de contamination a été identifiée comme deux tours de refroidissement d’un immeuble, tandis qu’en Savoie, les autorités poursuivent leurs investigations. La détection des sources de contamination reste un défi, comme l’a souligné Christine Campèse, épidémiologiste à Santé publique France.
Avec les vagues de chaleur, la question se pose également concernant les réseaux d’eau froide. Certains habitants ont remarqué que l’eau froide de leur robinet dépassait 25 °C, température à laquelle des légionelles peuvent se développer. Cependant, Jarraud ras : il n’y a pas de risque de légionellose à boire une eau légèrement plus chaude, mais il y a un risque lors de douches à l’eau froide.
Une étude en cours par le CNR-L et Santé publique France vise à identifier les sources de contamination à domicile pour améliorer la prévention.
Source : Agence régionale de santé, Reporterre.



