L’ex-président sud-coréen Yoon Suk Yeol condamné à 30 ans de prison
Yoon Suk Yeol, ancien président de la Corée du Sud, a été condamné à 30 ans de prison par un tribunal de Séoul pour avoir tenté de provoquer un incident armé avec la Corée du Nord. Cette décision, annoncée vendredi, fait suite à des accusations selon lesquelles Yoon aurait ordonné l’envoi de drones militaires chargés de tracts de propagande au-dessus de Pyongyang en octobre 2024, une action qui a exacerbé les tensions intercoréennes.
Les juges ont précisé que M. Yoon cherchait à déclencher une crise de sécurité nationale afin de justifier l’imposition de la loi martiale. Ils ont noté qu’il visait à créer une base légale pour cette déclaration en incitant la Corée du Nord à commettre des actes d’agression contre la population ou l’armée sud-coréenne. L’opération a également entraîné la fuite d’informations sensibles, les drones s’étant écrasés en territoire nord-coréen.
Malgré une réponse mesurée de la Corée du Nord, qui a simplement averti d’éventuelles représailles, Yoon a poursuivi ses actions. Deux mois plus tard, il a justifié une nouvelle tentative de coup de force en évoquant des menaces de « forces anti-Etat » et en soulignant le refus du Parlement, dominé par l’opposition, d’adopter son budget. Cela a conduit à une crise politique majeure, avec des députés parvenant à voter contre la loi martiale, forçant Yoon à faire marche arrière.
Actuellement incarcéré, Yoon Suk Yeol, destitué en avril 2025, a fait appel de sa condamnation, affirmant avoir agi pour le bien de la nation. Ses avocats contestent les accusations, arguant qu’il n’y avait eu ni ordre préalable ni approbation de sa part pour l’envoi des drones, le qualifiant d’action légitime en réponse à des provocations nord-coréennes.
Les tensions entre les deux pays, toujours techniquement en guerre, demeurent élevées, notamment en raison des incidents liés aux drones. Le président actuel, Lee Jae Myung, a exprimé des regrets concernant l’implication de responsables gouvernementaux dans des envois de drones civils vers le Nord.
Source : AFP
