Après quatre ans de calme, un retour de la guerre est possible au Yémen

Retour de la guerre au Yémen après quatre ans de calme

Après quatre années de relative tranquillité, le Yémen est à nouveau confronté à une escalade des violences. Hans Grundberg, l’Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies, a averti que « quatre années de calme peuvent être perdues en quelques semaines d’escalade », appelant toutes les parties à revenir « à la table des négociations ».

Les combats se sont intensifiés le long des lignes de front, avec des attaques des rebelles houthis (mouvement Ansar Allah) à Marib, dans l’Hadramaout et à Mokha, causant des pertes tant civiles que militaires. Les Houthis, qui contrôlent une grande partie du nord et de l’ouest du pays, y compris la capitale Sanaa, ont également repris leurs attaques contre des navires commerciaux en mer Rouge et dans le golfe d’Aden. Une récente attaque au missile contre un navire a entraîné la mort de plusieurs membres d’équipage.

M. Grundberg a également souligné que le Yémen risque d’être davantage entraîné dans des confrontations régionales, alors que les flux commerciaux et énergétiques sont déjà perturbés par la crise dans le détroit d’Ormuz.

Une porte de sortie négociée

Malgré la gravité de la situation, Grundberg estime qu’une « porte de sortie négociée » est encore envisageable. Il appelle à une désescalade immédiate, à un cessez-le-feu solide et à l’arrêt des attaques contre la navigation commerciale. Il exhorte les parties à relancer le mécanisme de coordination militaire sous l’égide de l’ONU et à respecter leurs obligations de protection des civils.

L’économie yéménite, devenue « elle-même une ligne de front », nécessite également une attention particulière. La reprise des exportations de pétrole, la réouverture des vols commerciaux vers Sanaa et le maintien de l’accès aux ports pourraient stabiliser la situation. Les parties doivent trouver des accords durables concernant le paiement des salaires des fonctionnaires et la restauration des services essentiels.

Une crise humanitaire qui s’aggrave

Le Coordonnateur des secours d’urgence de l’ONU, Tom Fletcher, a présenté un tableau alarmant de la situation humanitaire. Plus de la moitié de la population fait face à une insécurité alimentaire aiguë, avec environ six millions de personnes vivant des niveaux de privation proches de la famine. En juin, plus de 60 % des ménages ont déclaré ne pas avoir suffisamment de nourriture.

La situation sanitaire est tout aussi préoccupante : près de 11 millions de femmes et de filles nécessitent une aide humanitaire, dont 750.000 femmes enceintes. Près de quatre femmes sur cinq n’ont pas accès à des services de santé reproductive essentiels, et seulement un établissement de santé sur cinq fournit des soins maternels. Trois femmes meurent chaque jour de complications évitables liées à la grossesse.

L’aide au bord de l’asphyxie

Cette crise est exacerbée par un manque de financements, l’appel humanitaire n’étant financé qu’à hauteur d’environ 20 %. Cela entraîne une réduction des rations alimentaires, la fermeture de centres de santé et la disparition des services de protection. Fletcher a appelé les donateurs à fournir des financements « flexibles et prévisibles » et à garantir l’accès humanitaire.

Le changement climatique, notamment à travers le phénomène El Niño, pourrait également réduire les précipitations dans plusieurs zones agricoles, menaçant les récoltes et les moyens de subsistance. De plus, 73 membres du personnel de l’ONU sont actuellement détenus par les Houthis, et les responsables de l’ONU ont appelé à leur libération immédiate.

Pour l’ONU, le message est clair : « les parties doivent choisir le dialogue ». Faute de quoi, ce sont une nouvelle fois les Yéménites qui paieront le prix de l’escalade.

Source : Nations Unies.

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *