La canicule va-t-elle coûter 15 milliards d’euros à la France ?
La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a récemment évoqué un coût potentiel des canicules estivales pour l’économie française, estimé entre 10 et 15 milliards d’euros, englobant à la fois les coûts directs et indirects. Cette déclaration a été faite lors d’une réunion de crise consacrée à la sécheresse, soulignant les conséquences économiques des vagues de chaleur répétées.
Cependant, cette estimation doit être interprétée avec prudence. L’Insee a rapidement démenti être à l’origine de ces chiffres, affirmant ne pas disposer de telles données à ce stade. D’où proviennent alors ces évaluations ? Selon Barbut, les chiffres émanent des services de son ministère, basés sur des extrapolations des données antérieures de l’Insee, incluant des coûts indirects souvent négligés, tels que ceux liés à la santé.
Ce que l’on sait des précédentes canicules
L’entourage de la ministre a précisé que le calcul s’appuyait sur les coûts chiffrés par l’Insee liés à des événements climatiques similaires, tout en reconnaissant que l’événement actuel n’étant pas terminé, il est impossible de valider cette estimation pour le moment. En référence à des événements passés, la canicule de 2003, par exemple, avait coûté entre 15 et 30 milliards d’euros, impactant la croissance de 0,1 à 0,2 point du PIB sur l’année.
Des études plus récentes, menées par des chercheurs du CNRS et de l’université d’Aix-Marseille, ont évalué les coûts des canicules entre 2015 et 2020, estimant un coût annuel de 4 à 7 milliards d’euros pour l’économie, en tenant compte de l’augmentation des passages aux urgences et de la mortalité en excès.
210 milliards d’ici 2030 ?
Des projections alarmantes ont également été formulées par une étude de l’asur Allianz Trade, qui prévoit que les épisodes de chaleur extrême pourraient coûter jusqu’à 210 milliards d’euros à l’économie française d’ici 2030, en raison d’une baisse de la production et de l’activité touristique.
Alors que la France fait face à des canicules de plus en plus fréquentes, la déclaration de Monique Barbut semble confirmer des inquiétudes croissantes quant aux impacts économiques du changement climatique.
Source : HuffPost



