Colombie : trois jours après le séisme, le sentiment d’impuissance grandit
Les secours intensifient leurs efforts jeudi pour retrouver des rescapés en Colombie, mais, trois jours après le séisme le plus meurtrier du XXIe siècle dans le pays, les chances de retrouver des survivants diminuent. Les engins de chantier ont commencé à retirer les décombres dans les zones où toute possibilité de survie est désormais écartée.
Le tremblement de terre de magnitude 7,4 survenu lundi a causé d’importants dégâts, détruisant des immeubles, des hôpitaux et des écoles dans plusieurs régions de l’ouest, notamment à Cali, la troisième ville du pays, et à Pereira, dans la région du café. Le bilan s’est alourdi jeudi matin, atteignant 273 morts, plus de 3 800 blessés et 377 disparus, selon les autorités de gestion des catastrophes.
Bénévoles et secouristes professionnels poursuivent les recherches, utilisant des mains nues, du matériel spécialisé et des chiens renifleurs pour détecter le moindre signe de vie. Depuis 7h34 (heure locale), le délai de 72 heures, après lequel les chances de retrouver des survivants s’amenuisent, est passé.
Malgré des efforts acharnés, une odeur âcre de corps en décomposition se fait sentir dans les quartiers les plus touchés. À Cali, Valeria Cardona, une étudiante de 26 ans, est à la recherche de deux de ses cousins et exprime son angoisse : « L’espoir est la dernière chose qui se perd, mais nous sommes dans l’angoisse de recevoir une nouvelle dont nous ne voulons pas. » Dans cette métropole de 2,2 millions d’habitants, d’autres, comme Martha Pérez, 60 ans, attendent des nouvelles de leurs proches disparus.
La solidarité de la population locale s’est manifestée par l’apport d’eau, de nourriture et de médicaments aux quartiers touchés. Cependant, près de 13 000 logements ont été détruits, laissant des milliers de familles sans abri. Beaucoup ont été contraints de passer trois nuits à la belle étoile, sur des trottoirs ou dans des parcs.
Le président Abelardo de la Espriella, en fonction depuis seulement trois jours avant le tremblement de terre, a déclaré l’état d’urgence économique pour faire face à la catastrophe, ce qui lui permet de créer des impôts et d’ajuster le budget. Il a également annoncé la création d’un fonds pour aider les victimes, alimenté par des aides internationales.
L’épicentre du séisme se situe près de San José del Palmar, dans le Choco, une région parmi les plus pauvres de Colombie. Bien que la phase de recherche et de sauvetage soit terminée dans cette zone, l’aide aux sinistrés est urgente. Les autorités ont demandé aux groupes armés de permettre l’entrée de vivres et de médicaments.
La gestion de la catastrophe par le gouvernement a suscité des critiques, notamment en raison de l’acceptation limitée des équipes de secours étrangères. Le gouvernement colombien a affirmé traiter les offres d’aide sans considération politique, tandis que des pays comme le Mexique ont pu envoyer des denrées alimentaires et des médicaments, bien qu’ils n’aient pas pu mobiliser leurs brigades de secours militaires.
Source : AFP



