« C’est un enfer » : face au violent incendie en Ille-et-Vilaine, une journée dantesque pour les habitants et les pompiers

C’est un enfer : face au violent incendie en Ille-et-Vilaine, une journée dantesque pour les habitants et les pompiers

« C’est un enfer, on n’a jamais vu ça ici. » Les mots de Nadège résument le sentiment de sidération qui règne à Saint-Just. Ce jeudi 13 août 2026, pour la deuxième journée consécutive, la petite commune située au sud de l’Ille-et-Vilaine a été le théâtre d’un violent incendie qui a ravagé 220 hectares de landes et de forêt.

Tout débute la veille, en début d’après-midi, lorsque le feu se déclenche, probablement à la suite de la chute d’une branche sur un câble électrique. L’incendie, puissant et difficile d’accès, se propage rapidement, touchant 100 hectares de végétation mercredi soir. Ce jeudi matin, les 150 pompiers mobilisés se montrent optimistes, le brasier étant contenu bien qu’il ne soit pas fixé.

De multiples reprises de feu sous l’effet de la canicule et du vent

La situation se dégrade en début d’après-midi. La canicule, avec des températures avoisinant les 40 degrés, combinée à un vent tournoyant, entraîne de multiples reprises de feu. Le site mégalithique des Landes de Cojoux, le deuxième plus important de Bretagne, est dévasté aux deux tiers. Les flammes s’approchent dangereusement des maisons, conduisant les gendarmes à évacuer 157 personnes. « Ce chiffre pourrait monter », précise le sous-préfet de Redon, Jean-Luc Blondel.

« On fait comme on peut »

Avant de quitter les lieux, certains habitants, comme Erwan, tentent de protéger leur habitation. Équipé d’une petite réserve d’eau, il arrose les murs de la maison de sa mère. « On fait comme on peut », résume-t-il. Derrière lui, une épaisse fumée noire s’élève à plusieurs dizaines de mètres. Un tracteur laboure le champ voisin pour ralentir la progression du sinistre.

Les agriculteurs multiplient les efforts, apportant de l’eau et retournant la terre pour étouffer le feu. Dans les airs, un hélicoptère bombardier d’eau cible les zones touchées, tandis qu’un avion Dash largue un produit retardant.

« Le feu n’est pas encore fixé »

« On a vécu un après-midi vraiment difficile pour les équipes », déplore le lieutenant-colonel Mathieu Malfait. Les craintes se concrétisent avec de nombreux départs sur des zones brûlées, déjà traitées la veille. Avec les accélérations rapides en direction du village, le dispositif de protection est revu.

Ce jeudi soir, aucune victime parmi les habitants n’est à déplorer, et aucun bâtiment n’a été touché, bien que deux pompiers aient subi des malaises et qu’un autre ait été brûlé aux mains. Les nuages de fumée demeurent menaçants au-dessus de Saint-Just. « Le feu n’est pas encore fixé et 220 hectares sont désormais touchés, mais il est stabilisé », ajoute le lieutenant-colonel Malfait.

Il se veut « prudent » quant à l’évolution de la situation. « Ce soir, une chute significative des températures est attendue pour favoriser le travail des équipes toute la nuit. Mais la prudence est de mise. »

Source : Le Télégramme

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