ABDEL MAJID BZIOUAT / AFP
Pourquoi l’exécutif a-t-il tant tardé à faire émerger sa réforme de la Sécurité civile ? (photo d’illustration de Nunez et Lecornu prise au Maroc en juillet 2026)
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé le 13 août sur les réseaux sociaux l’intention du gouvernement de présenter sa réforme de la Sécurité civile, dont les mes ont été récemment « arbitrées » par Sébastien Lecornu. Simultanément, les syndicats de sapeurs-pompiers ont appelé à une mobilisation pour septembre, après une rencontre jugée « très décevante » avec le gouvernement.
« Depuis des années, les interventions augmentent, les crises se multiplient, les risques et la société évoluent, mais les moyens ne suivent pas », a déclaré le porte-parole de l’intersyndicale, Xavier Boy, après une réunion d’urgence pour apaiser les tensions des pompiers, qui étaient en grève ce jour-là.
Cette mobilisation a contribué à accélérer le calendrier gouvernemental. Laurent Nuñez a promis l’adoption prochaine de la loi de modernisation, attendue depuis plus de deux ans.
Que s’est-il passé depuis 2024 ?
La loi, prévue pour l’automne prochain, est en préparation depuis avril 2024. Elle doit mettre en œuvre les recommandations du rapport sur le « Beauvau de la Sécurité civile », qui a été initié pour redéfinir un modèle en difficulté. Ce processus s’inspire d’initiatives précédentes, comme le « Ségur de la Santé ».
Cependant, les travaux ont été interrompus à plusieurs reprises, notamment par la dissolution de l’Assemblée nationale. Le rapport final a été publié en automne 2025, mais aucune me concrète n’a été mise en œuvre jusqu’à présent. Le gouvernement a préféré se concentrer sur d’autres textes, laissant la réforme de la Sécurité civile en attente.
Nuñez reconnaît une réforme « très attendue »
Les récents incendies record et la colère des pompiers ont incité le gouvernement à agir. Laurent Nuñez a expliqué que le Premier ministre a tranché sur le contenu du texte, qui sera présenté aux professionnels le 8 septembre, avec un vote prévu à l’automne.
« Il ne s’agit pas de lancer une nouvelle phase de concertation », a précisé Nuñez, soulignant que le texte clarifiera les missions des services départementaux et renforcera la protection juridique des pompiers. La réforme est jugée « très attendue », la dernière datant de 2004.
La question du financement reste à résoudre. Des propositions, comme une contribution accrue des compagnies d’assurances et une taxe sur le tourisme, sont à l’étude. « Le temps est à l’action », a conclu le ministre de l’Intérieur.



