Un rapport commandé par le gouvernement et dévoilé fin juillet propose 4,2 milliards d’euros d’économies sur les aides sociales et avantages fiscaux des familles. Réalisé à la demande du Premier ministre Sébastien Lecornu, ce document émane de l’inspection générale des finances (IGF) et de l’inspection générale des affaires sociales (IGAS). Il dresse un constat critique de la politique familiale française, jugée coûteuse, peu lisible et peu cohérente. Actuellement, les politiques familiales reposent sur une multitude de dispositifs, totalisant 36, aux objectifs et modalités variés. En 2024, les dépenses associées aux politiques familiales ont atteint 122,1 milliards d’euros, enregistrant une hausse de 4,5 % par an en moyenne depuis 2021. Ce niveau de dépense, supérieur à l’inflation, intervient alors que la natalité est en baisse sur la même période. Les inspections soulignent que ces dispositifs poursuivent des objectifs « peu hiérarchisés » et produisent des « effets limités » en matière de natalité ou de redistribution, entraînant parfois des « inégalités de traitement entre familles ». Elles notent également que les politiques familiales restent centrées sur la compensation générale du coût de l’enfant, alors que les dépenses favorisant la conciliation entre vie professionnelle et personnelle sont plus bénéfiques à la natalité. Face à ce constat, l’IGF et l’IGAS plaident pour une refonte des instruments sociofiscaux des politiques familiales afin de renforcer leur efficience, améliorer leur cohérence et garantir une plus grande égalité de traitement entre les familles. La lettre de mission du Premier ministre, adressée le 26 décembre 2025 aux deux inspections, précise que la revue des dépenses doit permettre de baisser la dépense publique et d’améliorer l’efficacité de la politique menée. L’IGF et l’IGAS avancent une dizaine de mes jugées prioritaires, susceptibles de dégager 4,2 milliards d’euros d’économies sur dix ans, avec plus de la moitié de ce montant pouvant être atteint à court terme. Parmi les mes ciblées, le rapport propose de remplacer la majoration de pension de 10 % pour les parents ayant eu trois enfants ou plus par une forfaitisation de 125 euros par mois, ce qui pourrait générer une économie de 1,1 milliard d’euros. Concernant les allocations familiales, une réduction de 20 % des plafonds de ressources à partir desquels leur montant diminue est envisagée, touchant 591 000 ménages, avec des économies estimées à 530 millions d’euros. Les aides personnalisées au logement pour les étudiants rattachés au foyer fiscal de leurs parents pourraient également être revues, entraînant une diminution des aides pour 310 000 foyers, avec des économies escomptées de 550 millions d’euros. Des recommandations fiscales incluent la suppression de la réduction d’impôt pour frais de scolarité, générant 450 millions d’euros d’économies, et la suppression de la demi-part fiscale pour les parents isolés, qui rapporterait 690 millions d’euros. Pour être mises en œuvre, la plupart de ces propositions nécessiteraient un passage par la loi. Le contexte politique actuel rend leur mise en œuvre incertaine, et ces mes pourraient s’avérer politiquement sensibles, notamment dans le cadre du budget 2027. Source : IGF et IGAS.



