Le serval, félin star des réseaux sociaux, au cœur d’un trafic illégal
Le serval, un félin sauvage originaire d’Afrique subsaharienne, est devenu une star des réseaux sociaux. Cependant, derrière cette image séduisante se cache une réalité préoccupante : le trafic illégal d’animaux sauvages.
Un animal sauvage dans un environnement inadapté
Sur les plateformes comme Instagram, des vidéos montrent des servals se prélassant sur des canapés, souvent aux côtés d’enfants. Pourtant, ces animaux, qui peuvent atteindre 80 km/h et sauter plus de 3 mètres, sont des prédateurs carnivores, inadaptés à la vie domestique. En France, détenir un serval sans certificat de capacité est illégal et peut entraîner jusqu’à trois ans de prison et 150 000 euros d’amende.
L’impact des réseaux sociaux
La législation concernant les servals varie d’un pays à l’autre. En Russie et en Ukraine, par exemple, ils sont considérés comme des animaux domestiques. Cette situation est exploitée sur les réseaux sociaux, où des vidéos de servals « apprivoisés » sont diffusées, banalisant leur possession. Selon Mia Crnojevic de l’ONG Ifaw France, cela incite les gens à vouloir posséder ces animaux exotiques, aggravant ainsi le trafic.
Une tendance inquiétante
Gilles Moyne, directeur du Centre Athénas, souligne que depuis 2021, une mode des petits félins a émergé. Les annonces de vente de servals fleurissent sur Internet, notamment en Europe de l’Est, où il est plus facile d’en acquérir un. Les prix peuvent atteindre 10 000 euros, et des éleveurs proposent des servals avec des documents, bien que leur détention reste illégale en France.
Les conséquences de la possession illégale
Les acheteurs, souvent mal informés, peuvent se retrouver avec des servals agressifs, pensant avoir acquis un simple chat. Les témoignages d’anciens propriétaires révèlent les difficultés de gestion de ces animaux une fois adultes, qui peuvent devenir ingérables et dangereux.
Maltraitance et refuges débordés
Les cas de maltraitance sont fréquents, certains servals étant enfermés dans des conditions inadaptées. Les refuges, comme Tonga terre d’accueil, sont submergés par le nombre d’animaux saisis. Depuis 2022, 45 servals ont été recueillis, et bien que certains aient pu être relâchés en Afrique du Sud, la majorité finit dans des parcs zoologiques.
Cette situation soulève des questions sur l’avenir de l’espèce et les effets du trafic sur les populations sauvages. Bien que le serval ne soit pas actuellement considéré comme menacé, l’histoire du trafic d’autres espèces montre que la demande peut avoir des conséquences dévastatrices.
Pour plus d’informations, consultez l’ONG Ifaw France et d’autres sources sur la protection des animaux.
Source : Ifaw France, Centre Athénas, Tonga terre d’accueil.



