Kenya : Les victimes d’abus du contingent britannique présentent leurs doléances
Au Kenya, la présence de soldats britanniques près de Nanyuki, où se situe le camp d’entraînement militaire de la British Army Training Unit Kenya (BATUK), suscite de vives préoccupations. Chaque année, plus de 1 000 soldats britanniques se rendent sur ce site pour s’entraîner, mais ces troupes sont régulièrement accusées de violations des droits humains, incluant des bless et des décès dus à des munitions non explosées, des agressions sexuelles, ainsi que l’abandon d’enfants. Alors que l’accord entre Nairobi et Londres est sur le point d’être renouvelé, les victimes kényanes souhaitent que leurs revendications ne soient pas ignorées.
Le 12 août, plusieurs victimes présumées d’abus ont déposé leurs doléances au Parlement kényan. Elles réclament justice et compensation avant le renouvellement de l’accord entre les deux pays. Nasibo Jillo, qui milite pour les enfants laissés sans soutien par leurs pères, anciens membres de la BATUK, souligne l’absence d’aide de la part des soldats britanniques. Elle déclare : « Les Britanniques ont laissé leurs enfants au Kenya, ils ne subviennent à aucun de leurs besoins fondamentaux. Nous voulons que nos enfants soient reconnus et aient accès à des droits fondamentaux, à l’éducation et à une couverture médicale. »
Des députés et des victimes demandent également des garanties pour que les soldats britanniques soient tenus responsables de leurs actes devant la justice kényane, notamment en cas de meurtre. Le cas d’Agnes Wanjiru, soupçonnée d’avoir été tuée par un soldat britannique en 2012, reste emblématique. Sa nièce, Esther Njoki, continue de se battre pour obtenir justice et déclare : « La BATUK ne devrait pas être présente ici tant que toutes les victimes n’auront pas obtenu justice. Nous voulons des actions et une reddition de comptes. »
Face à ces accusations, Londres a annoncé fin 2025 qu’il prendrait des mes pour répondre à ces préoccupations, incluant un paiement de près de 3 millions de livres sterling pour indemniser plus de 7 000 personnes suite à un incendie survenu lors d’un entraînement de la BATUK.
Source : RFI



