Salinité faible et températures élevées : des capteurs pour surveiller l’impact du changement climatique sur les moules et les huîtres en baie de Bourgneuf
Depuis un an, plusieurs capteurs sont installés en baie de Bourgneuf, au nord de Noirmoutier. L’objectif : comprendre l’effet du changement climatique sur la production d’huîtres et de moules pour aider les producteurs dans le futur. Une étude qui va se poursuivre jusqu’en 2028.
Invisibles pour les promeneurs, les pêcheurs à pied ou les plaisanciers, ces balises installées dans la baie de Bourgneuf tentent d’évaluer les effets du changement climatique afin d’aider les ostréiculteurs et myticulteurs à préparer l’avenir.
« Tous les 15 minutes, ils ment la température de l’eau, sa salinité, sa transparence, sa pression ou encore sa concentration en chlorophylle, un précieux indicateur de la nourriture disponible pour les coquillages », précise la région Pays de la Loire, qui finance une partie du projet. Ces données sont disponibles en temps réel sur le site de la SMIDAP.
Porté par le syndicat mixte pour le développement de l’aquaculture et de la pêche en Pays de la Loire (SMIDAP), le projet est en partenariat avec l’Ifremer et le Comité régional de la conchyliculture. La démarche a reçu la distinction nationale Étoile du FEAMPA, récompensant chaque année les projets innovants en matière de pêche et d’aquaculture.
Cette activité est extrêmement dépendante de la qualité du milieu naturel, car « les conchyliculteurs ne nourrissent pas leurs huîtres ni leurs moules. Les coquillages filtrent naturellement l’eau de mer pour se nourrir du phytoplancton. Leur croissance dépend donc directement de la richesse biologique de la baie. »
Cinq ingénieurs travaillent sur ce projet, dont deux à temps plein. Tous les 15 jours, ils se rendent dans les parcs pour effectuer des prélèvements. L’endroit a été choisi pour son historique de productivité décroissante dans les années 90, afin d’évaluer l’état des lieux des nouveaux ostréiculteurs. À l’échelle de la région, c’est la première zone de production.
Ce projet est rendu possible grâce à la collaboration entre scientifiques et producteurs, qui ont mis gracieusement une partie de leur parc ou de leur bouchot à disposition. En parallèle, l’équipe observe le phytoplancton présent autour des balises, pouvant expliquer des pertes de croissance ou de mortalité.
Les capteurs ont été mis en place depuis février 2025, et il est encore trop tôt pour obtenir des résultats fiables, surtout avec une année 2026 marquée par des salinités très faibles au début de l’année, et des températures élevées. Malgré cela, les ingénieurs et producteurs n’observent pas de surmortalité particulière chez les moules et huîtres. « On revient à des moyennes de mortalité qu’on connaissait il y a 4/5 ans du côté des moules », indique Alice Saunier, conseillère aquacole chez SMIDAP.
Ce projet se poursuivra jusqu’en 2028, avec l’espoir d’étendre les recherches à d’autres bassins de production dans la région, comme le nord de la baie de l’Aiguillon ou La Plaine-sur-Mer.
Source : SMIDAP



