Ennui et créativité : ce que les enfants des années 60-70 ont appris

Ennui et créativité : ce que les enfants des années 60-70 ont appris

Grandir dans les années 60-70 signifiait vivre sans écrans pour combler le vide. Pas de smartphone, pas de streaming, pas de réseaux sociaux. Cette génération a développé une capacité créative que les enfants d’aujourd’hui peinent à acquérir. À 60 ans passés, elle l’a toujours.

Un long après-midi d’été, sans téléphone ni série à regarder, les enfants des années 1960 et 1970 ont appris à transformer l’ennui en imagination. Aujourd’hui, ces mêmes personnes, âgées de 55 à 65 ans, conservent une capacité que leurs petits-enfants, pourtant connectés, n’ont souvent pas : rester assis sans stimulation et attendre que quelque chose émerge.

Cette dynamique n’est pas liée à une nostalgie ou à une technophobie, mais à des aspects neurologiques et d’apprentissage. Une compétence se forme par la répétition, et cette génération l’a pratiquée des milliers de fois entre 7 et 15 ans.

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Les enfants des années 60 et 70 paraissaient traîner dans les jardins et les rues, allongés à regarder les nuages. L’absence d’adultes pour structurer leur temps et d’activités programmées a été perçue comme du temps gaspillé. Pourtant, selon Jamie Jirout, chercheuse en développement de l’enfant à l’université de Virginie, le temps libre non structuré permet de construire des compétences que les activités encadrées ne génèrent pas. L’enfant livré à l’ennui apprend à penser par lui-même.

Grandir dans les années 60-70 : ce que votre cerveau fabriquait dans l’ennui

L’ennui est une phase de transition, selon Sandi Mann, psychologue à l’université du Lancashire. Lorsque le cerveau ne trouve pas de stimulation externe, il la crée à l’intérieur. En l’absence de tâches précises, le réseau en mode par défaut du cerveau s’active, favorisant la rêverie et la pensée créative. Les enfants des années 60-70, en s’ennuyant, étaient en réalité en plein travail mental.

Pourquoi cette compétence reste intacte des décennies plus tard ?

Les personnes nées dans les années 60 et 70 ont traversé des milliers d’après-midis d’ennui, établissant un réflexe de création. Aujourd’hui, elles peuvent se plonger dans un roman pendant deux heures sans consulter leur téléphone, résister à l’impulsion de meubler chaque silence et laisser une idée mûrir. Cette capacité de concentration et cette tolérance à l’ennui ne sont pas réservées à une génération ; elles peuvent se (re)construire à tout âge, à condition d’accepter de ne pas remplir le vide.

Source : Aufeminin

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