Éclipse : à Paris, les urgences ophtalmologiques déjà sous tension
Ce mercredi 12 août 2026, la France a vécu son éclipse solaire la plus spectaculaire depuis le 11 août 1999. Partielle sur l’ensemble du territoire mais exceptionnellement profonde, elle a masqué jusqu’à 99,5 % du disque solaire dans le Sud-Ouest et plus de 90 % dans de nombreuses régions, à l’approche du coucher du Soleil. Le maximum a été atteint vers 20 h 20, un événement qui ne se reproduira pas en métropole avant plusieurs décennies.
Cependant, cet événement céleste a entraîné des risques pour la santé oculaire. À l’Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild, l’un des trois seuls centres franciliens assurant les urgences ophtalmologiques 24 h/24, les premiers patients sont arrivés vers 21 h 30. Une dizaine de personnes ont déjà fréquenté l’hôpital depuis le début de la soirée, présentant des symptômes variés, dont des cas de kératite. Un patient d’une vingtaine d’années a signalé une tache noire obstruant son champ de vision, un symptôme préoccupant mais généralement réversible.
Les médecins, bien que préoccupés par l’afflux de cas, restent optimistes. « On n’a pas le temps de répondre », indique un soignant, alors que les appels affluent. En salle d’attente, une patiente de 65 ans a déclaré avoir croisé l’éclipse par hasard en voiture, ressentant une douleur à l’œil mais conservant une vision normale. Thomas Schwartz, docteur junior en ophtalmologie, a noté que le début de service était relativement calme, avec seulement trois ou quatre patients reçus à ce moment-là.
Concernant les traitements, les options sont limitées. Les médecins peuvent prescrire des larmes artificielles et des pommades pour aider à la cicatrisation de la cornée, mais lorsqu’il s’agit de la rétine, « on est simplement spectateur », souligne un praticien. La récupération, lorsqu’elle se produit, peut prendre plusieurs semaines, et il n’y a aucune garantie d’un retour complet à la normale.
Ces premiers cas surviennent malgré une campagne de prévention intensive sur les réseaux sociaux et dans les médias. Le ministère de la Santé avait jugé le phénomène « bien anticipé sur le plan sanitaire » et n’avait pas prévu de renfort exceptionnel des services d’urgence. Les spécialistes rappellent l’importance de consulter un ophtalmologue ou de se rendre aux urgences en cas de vision floue, de tache sombre ou de déformation des lignes droites dans les heures ou les jours suivant l’éclipse.
Source : L’Alsace.


