RDC: les boissons énergisantes, plébiscitées contre la fatigue, constituent une menace pour la santé - Reportage Afrique

RDC : Les boissons énergisantes, plébiscitées contre la fatigue, constituent une menace pour la santé

En République Démocratique du Congo, certaines boissons énergisantes, jugées nocives, continuent de circuler malgré leur interdiction par l’Autorité congolaise de régulation pharmaceutique (ACOREP). Dans de nombreux petits commerces, ces produits sont recherchés par des consommateurs, tant jeunes qu’adultes, pour leurs effets supposés positifs sur la fatigue. Cependant, les médecins mettent en garde contre les risques sanitaires élevés, notamment l’augmentation des maladies cardiovasculaires.

Un usage répandu malgré les avertissements

Jean, un conducteur de taxi-moto à Lubumbashi, confie : « Je consomme cette boisson parce qu’elle combat la fatigue. Dès que j’en prends, ça me donne l’énergie et je reste en forme toute la journée. » Bien que certains affirment que ces boissons les aident à rester éveillés, d’autres témoignent des effets néfastes sur leur santé. Flora Samba, commerçante, raconte : « J’étais très dépendante de ces boissons. Au fil du temps, j’ai commencé à avoir des palpitations, de la fatigue. Ma tension artérielle était très élevée, elle variait entre 19 et 21. Alors, j’ai arrêté. »

Les risques médicaux soulignés par les professionnels de santé

Les médecins appellent à la prudence, soulignant que ces boissons contiennent des substances stimulantes comme la caféine, la taurine et le ginseng. Le docteur David Anovel, expert en santé publique, précise : « Une consommation abusive provoque des maux de tête, des vertiges, des palpitations, des troubles de vision et, dans certains cas, cela peut aboutir à la mort. » Il alerte également sur les pratiques frauduleuses de certains fabricants, qui ajoutent des médicaments à des doses élevées, augmentant ainsi le risque sanitaire. « Il a été identifié plus de 200-300 mg de sildénafil dans un seul flacon, souvent sans indication sur l’étiquetage », déclare-t-il.

Des mes de contrôle renforcées par l’ACOREP

Pour lutter contre ces pratiques, l’ACOREP a récemment intensifié ses contrôles. Il y a quelques jours, une entreprise à Kinshasa a été fermée pour production de boissons énergisantes contenant des produits aphrodisiaques. David Kawel, chef de la division provinciale de l’ACOREP à Lubumbashi, a indiqué : « Nous allons analyser et vérifier que des substances médicamenteuses ne sont pas introduites de manière frauduleuse dans toutes ces boissons, au péril de la population. » Les professionnels de santé rappellent que les boissons énergisantes ne suppriment pas la fatigue, mais peuvent gravement nuire à la santé.

Source : RFI

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