Transports. « On exige des clims fonctionnelles » : les bus surchauffés dans le viseur de l'inspection du travail

« On exige des clims fonctionnelles » : les bus surchauffés dans le viseur de l’inspection du travail

Les conducteurs de bus expriment cet été des préoccupations croissantes concernant les conditions de travail, décrivant leurs trajets comme étouffants et suffocants. L’inspection du travail a récemment adressé une mise en demeure au centre bus RATP de Pleyel à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) en raison des fortes chaleurs constatées aux postes de conduite. Cette action fait suite à une procédure similaire au dépôt d’Ivry quai de Seine (Val-de-Marne), près de Paris. L’inspection du travail a choisi de ne pas commenter cette situation pour ne pas entraver les investigations en cours.

Le 25 juin, un contrôle a révélé des températures dépassant 40 °C au niveau de la surface du volant. La mise en demeure, rédigée le 10 juillet, a enjoint la RATP à élaborer un plan d’action pour réduire l’exposition des conducteurs aux fortes chaleurs. Ahmed Berrahal, délégué syndical Force ouvrière (FO), souligne que la climatisation est souvent inexistante ou défectueuse dans de nombreux bus, ce qui pose un risque pour la santé des chauffeurs. Il évoque également huit déclarations d’accidents du travail entre le 17 et le 24 juin, liés à des symptômes attribuables aux fortes chaleurs.

Contactée, la RATP a indiqué avoir répondu à l’inspection du travail, tout en précisant qu’elle n’exploite plus le site d’Ivry depuis le 1er août. Keolis Île-de-France, qui a pris la relève, a mis en place des brumisateurs et des fontaines à eau, ainsi que des pauses supplémentaires pour les conducteurs.

Un chauffeur de bus, Mohamed, a exprimé ses préoccupations concernant la pression kilométrique qui complique la mise en place de pauses adéquates. Il a insisté sur le fait que des climatisations fonctionnelles sont essentielles pour la sécurité des agents et des usagers. Si aucune me n’est prise, il envisage de saisir à nouveau l’inspection du travail.

Plusieurs régions, une même galère

À Lyon, Yasine Hemaidia fait face à des températures de 43,8 °C au-dessus du volant de son bus lors des pics de chaleur. Il réclame des temps de pause plus conséquents et une adaptation du temps de travail pendant les vagues de chaleur. Cette demande est partagée par d’autres syndicalistes parisiens.

À Montpellier, Laurent Murcia et ses collègues adoptent des mes plus radicales. Ils prennent des relevés de température dans les véhicules et bloquent les bus si la température dépasse 40 °C. Depuis le début de l’été, plusieurs dizaines de trajets ont été annulés pour cause de fortes chaleurs, principalement sur des nouveaux bus dont la climatisation est défaillante, tandis que le reste du parc reste généralement fiable.

Les conducteurs, qui doivent veiller à l’entretien de leurs véhicules tout au long de l’année, se retrouvent confrontés à des conditions de travail de plus en plus difficiles dans la chaleur estivale.

Source : Le Dauphiné Libéré

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *