L’État iranien n’est pas une fiction
La République islamique d’Iran fait face à des interrogations croissantes concernant sa stabilité, notamment à la suite des mobilisations de janvier et de la répression qui a suivi, ainsi que des tensions militaires avec Israël et les États-Unis. Les acteurs politiques et les observateurs s’interrogent sur la possibilité d’un changement de régime, espérant qu’une intervention militaire pourrait précipiter la chute de l’État en place.
Malgré les espoirs d’un changement politique rapide, il est essentiel de considérer la structure de l’État iranien et ses ramifications. Les relations entre le pouvoir et ses institutions civiles et militaires, ainsi que les liens tissés entre l’État et la société au cours des cinquante dernières années, influencent significativement toute perspective de changement. Les mouvements sociaux, bien que courageux et élargis, ne peuvent pas ignorer la complexité de l’État iranien.
Les sciences sociales ont également contribué à cette invisibilisation de l’État. Les analyses des transitions politiques des années 1980 et 1990 ont souvent omis les structures étatiques, se concentrant plutôt sur les élites et les partis, ce qui a conduit à une compréhension limitée des continuités étatiques. La révolution de 1979, par exemple, s’est fondée sur une mobilisation massive des secteurs publics et a été marquée par des luttes internes pour le contrôle des institutions.
Source : AOC Media


