
Maëlys, Estelle, Marion, Grégory, Émile ou Xavier… Lorsqu’une disparition d’enfant ou un meurtre reste sans réponse pendant des semaines ou des mois, des médiums interviennent, soit spontanément, soit à la demande des familles. Mais leur aide est-elle réellement bénéfique pour les enquêteurs ?
Des médiums affirment que les forces de l’ordre font parfois appel à leurs services lorsque toutes les pistes logiques ont échoué. Geneviève Delpech, médium et auteur, évoque dans son livre *Les Enquêtes d’une médium, quand la police recourt à l’invisible*, son expérience auprès des familles de disparus. Elle prétend posséder un don qu’elle utilise pour aider à résoudre des affaires non élucidées. Dans son récit, elle parle notamment de l’enlèvement de Maëlys, affirmant avoir donné des indications sur le suspect et sur des éléments de preuve non découverts par les enquêteurs.
Les familles sont souvent les premières à solliciter ces médiums. Geneviève Delpech mentionne des cas où des magistrats ou le ministère de l’Intérieur l’ont contactée après épuisement des autres options. Cependant, elle note que cette démarche reste mal vue en France, comparativement à d’autres pays comme le Royaume-Uni ou les États-Unis.
Sur le terrain, les intuitions des médiums se heurtent souvent à la rigueur des méthodes policières. Delpech raconte avoir été accueillie par des gendarmes sceptiques, mais elle insiste sur le fait qu’elle ne cherche pas à convaincre, se contentant de partager ce qu’elle perçoit.
La communication avec les morts : une aide contestée
De nombreux médiums sont régulièrement consultés par la police. Virginie Lefebvre, ancienne policière devenue médium, souligne que la communication avec les morts et les enquêtes criminelles ne sont pas toujours compatibles. Elle avertit que les médiums ne peuvent pas fournir d’informations précises, et que l’absence de vibrations lors d’une disparition est souvent un mauvais signe.
Des études scientifiques remettent en question l’efficacité des médiums
Des affaires comme celle d’Émile Soleil montrent que la police et les familles sont souvent submergées par des témoignages de médiums, qu’ils soient sérieux ou non. L’avocate Corinne Herrmann, spécialisée dans les cold cases, déclare n’avoir jamais reçu d’élément utile de la part de médiums au cours de sa carrière. Jacques Dallest, ancien procureur général, abonde dans ce sens, affirmant que l’irrationnel est incompatible avec la rigueur judiciaire.
Des recherches menées par Joe Nickell en 1994 et d’autres études en 1997 ont démontré que les informations fournies par les médiums sont généralement vagues et souvent incorrectes. Ces résultats soulignent un manque de performance significatif dans les enquêtes criminelles, remettant en question la valeur ajoutée des médiums dans ces contextes.
En conclusion, bien que certains cas de médiums ayant prétendument aidé la police existent, la communauté scientifique et juridique reste largement sceptique quant à leur efficacité. Leurs interventions peuvent parfois compliquer les enquêtes plutôt que de les faciliter.
Source : Actu Juridique



