Ingérence numérique iranienne : des faux comptes X pilotés depuis l’Iran pour amplifier les fractures politiques françaises
Les autorités françaises ont identifié en septembre 2025 un écosystème de faux comptes sur le réseau social X, gérés depuis l’Iran, visant à exacerber les divisions politiques en France. Ces comptes, souvent difficiles à détecter, prétendent représenter des citoyens français et relaient des hashtags tels que #MacronDémission ou #AgriculteursEnColère.
Certains de ces faux comptes affichent des opinions nationalistes, appelant au retrait de la France de l’Union européenne, tandis que d’autres diffusent des contenus propalestiniens ou se rapprochent de la gauche radicale. Cette diversité apparente masque un objectif commun : intensifier les fractures politiques françaises.
Les désinformateurs iraniens n’ont pas, jusqu’à présent, mobilisé autant de ressources que leurs homologues russes pour influencer l’opinion publique en France. Leur approche reste discrète et s’inscrit dans un cadre temporel prolongé. La France est ciblée en raison de ses positions fermes sur le nucléaire iranien et de son soutien au mouvement Femme, Vie, Liberté.
Des analystes du groupe français Projet Fox, spécialisés dans le renseignement numérique, ont observé qu’un groupe de comptes promeut activement les critiques envers le gouvernement français. Selon eux, il s’agit d’un réseau de bots potentiellement dirigé par une entité étrangère, conçu pour amplifier les fractures sociales en France.
L’ONG britannique NetBlocks a également détecté une anomalie significative : à chaque coupure d’internet imposée par les autorités iraniennes, ces comptes cessent presque immédiatement de publier, puis reprennent leur activité dès la rétablissement du réseau. Ce phénomène a été particulièrement noté en janvier 2026, lors d’une coupure destinée à réprimer les manifestations civiles en Iran. De plus, lorsque le réseau social X a commencé à afficher la localisation des comptes, de nombreux profils suspects ont montré une origine en Iran.
Les efforts d’ingérence iraniens ne se limitent pas à des activités numériques. Des groupes associés à Téhéran sont également impliqués dans des cyberattaques en France et en Europe. L’Iran est souvent accusé de combiner des opérations d’influence numérique avec des actions informatiques et des interventions plus discrètes par le biais d’intermédiaires.
Pour l’instant, les conséquences de ces campagnes demeurent limitées. Ces faux comptes n’ont pas réussi à rassembler une large audience et leurs messages sont restés confinés à des cercles restreints. Bien que plusieurs profils aient été suspendus par X, d’autres ont rapidement refait surface.
Source : Projet Fox, NetBlocks.



