Tunisie: après une visite présidentielle surprise, les habitants de Gabès toujours dans l'attente d'actions contre la pollution

Tunisie : Après une visite présidentielle surprise, les habitants de Gabès toujours dans l’attente d’actions contre la pollution

Gabès, 12 août 2026 – Alors que les habitants de Chott Essalem, quartier voisin du Groupe chimique tunisien à Gabès, réclament depuis des années le démantèlement de cette usine en raison de sa pollution, le président Kaïs Saïed a effectué une visite surprise dans cette ville du sud tunisien. Lors de ses échanges avec les habitants, il a souligné la nécessité de prendre des mes contre la pollution, mais ces derniers attendent des actions concrètes.

« Nous attendons bien plus que des mots après cette visite, il n’y a même pas vingt jours, en pleine canicule et coupures de courant, nous avons encore suffoqué à la suite des gaz émis par le groupe chimique tunisien », a déclaré Islem Zrelli, militant du groupe Stop Pollution, après la visite du président.

Le groupe Stop Pollution, qui s’est mobilisé pendant plusieurs mois en 2025 suite à l’intoxication de près de 200 élèves par des gaz chimiques, a exprimé son scepticisme. La population de Gabès souffre depuis des années de la pollution de l’air et de la mer, causée par les rejets de gaz et d’eaux usées polluées par le groupe industriel.

À la suite de la visite présidentielle, un communiqué a été publié par le mouvement, dénonçant le manque de décisions concrètes. Le président a évoqué l’arrêt de certaines unités jugées polluantes, précisant que seules les unités réhabilitées pourraient reprendre leur activité. Des travaux de réhabilitation avaient été engagés pour moderniser les unités vétustes en matière de dépollution, mais ces projets, suspendus pendant des années, n’ont repris qu’après les mobilisations anti-pollution de 2025. Cependant, peu d’informations ont été communiquées sur l’avancement de ces travaux.

Les militants de Stop Pollution se disent insatisfaits des déclarations du président et continuent de réclamer le démantèlement du groupe chimique tunisien. En février 2026, la justice a rejeté leur plainte contre le complexe industriel, considérant qu’il n’y avait pas suffisamment de preuves pour accuser l’usine de pollution.

Source : RFI

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