Un problème colossal : le bâtonnier de Caen alerte sur 905 plaintes non traitées pour violences sexuelles sur mineurs
À Caen, 905 « dossiers fantômes » de violences sexuelles sur mineurs n’ont pas été transmis au parquet, selon une note du ministère de la Justice. Cette situation soulève des inquiétudes parmi les avocats et les associations, qui appellent à des moyens renforcés pour la justice, trois mois après l’affaire Lyhanna.
Les défaillances des services du ministère de la Justice et de l’Intérieur dans le traitement des violences sexuelles sont mises en lumière, notamment suite au meurtre de la jeune Lyhanna en juin dernier. Une note révélée par Le Monde et l’AFP indique que ces dossiers, bien que faisant suite à des plaintes, n’ont jamais été enregistrés par les tribunaux, en raison d’un abandon par les services de police ou de gendarmerie.
Dans le secteur du parquet de Caen, ces « dossiers fantômes » s’élèvent à 905. Nicolas Toucas, avocat et bâtonnier de Caen, a déclaré : « Si c’est confirmé, c’est colossal, c’est totalement inadmissible. » Il a précisé qu’un dossier fantôme représente une plainte enregistrée, mais non traitée, sans communication au parquet, ce qui crée une accumulation de dossiers non résolus.
La note, adressée par le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, met en évidence des dysfonctionnements « d’ordre structurel », imputables à un manque de moyens et de formation dans les services judiciaires. Cette situation s’ajoute aux 88 000 dossiers déjà en cours dans les mains des procureurs, dont près de 1 250 au tribunal judiciaire de Caen.
Martine Laudrin, présidente de l’association Enfance et Partage, souligne que le manque de personnel pour traiter ces dossiers est un problème persistant : « Quand la justice a des piles de dossiers à gérer, il manque du personnel pour instruire le dossier. »
D’autres préoccupations concernent les logiciels informatiques défaillants dans les commissariats et le déficit de formation des agents. Des discussions pour améliorer la situation sont envisagées, avec une rencontre prévue le 3 septembre entre les ministères concernés.
Sources : Le Monde, AFP



