RDC: au camp de la plaine Savo, en Ituri, les déplacés pris au piège survivent «sans accès à la nourriture»

Ituri : Des déplacés à la plaine Savo survivent sans accès à la nourriture

La province de l’Ituri, dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC), est en proie à une violence armée persistante, aggravée par une épidémie d’Ebola. La situation sécuritaire s’est considérablement détériorée, avec des combats intenses qui ont poussé de nombreux habitants à fuir. Selon l’ONU, la population du site de déplacés de la plaine Savo a triplé, rendant la situation humanitaire dramatique.

Le général Kasongo Mulumba, nouveau gouverneur de la province, a effectué un déplacement dans la région de Bule les 10 et 12 août, marquant sa première visite depuis longtemps. À Bule, le village d’origine de nombreux déplacés, la vie a été bouleversée par des affrontements entre l’armée congolaise (FARDC) et le groupe armé CRP.

Depuis décembre 2025, la détérioration de la sécurité a été exacerbée par des combats entre les FARDC et la milice Codeco, ainsi que par des affrontements avec la CRP, qui représente principalement la population Hema. Les civils se retrouvent piégés, et bien que les attaques de la Codeco aient diminué suite à l’intervention de l’armée ougandaise, les récents combats entre les FARDC et la CRP ont intensifié la crise.

Floribert Dezunga, président de la société civile locale, a indiqué qu’au moins 23 déplacés ont été tués depuis janvier 2026, tandis que des corps non enterrés jonchent la région. L’armée n’a pas répondu aux demandes de commentaires.

« Pas accès à la nourriture »

Les conditions de vie au camp de déplacés sont alarmantes. De nombreux résidents, comme Ezibe, témoignent de la famine. Elle a perdu un enfant de cinq ans, expliquant : « Ici, on n’a pas accès à la nourriture. On ne mange qu’une seule fois par jour, le soir. » Les cas de malnutrition, notamment chez les enfants, augmentent, selon le docteur Aimé, qui a observé une hausse significative depuis janvier.

Les déplacés, bien que vivant à proximité de leurs champs, sont empêchés d’y accéder par la crainte d’être arrêtés ou agressés par des militaires. La CRP, bien que niant toute présence dans le camp, ne fait qu’aggraver la situation.

Malgré un cessez-le-feu unilatéral déclaré par la CRP en mai, les conditions humanitaires restent désastreuses, et les mouvements de population demeurent très limités, selon les rapports de l’ONU.

Source : RFI

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