Statut d’emploi des livreurs | Une bataille se prépare entre le maire de New York et Amazon

Statut d’emploi des livreurs : Une bataille se prépare entre le maire de New York et Amazon

(New York) Les rues de New York sont le lieu de travail d’une armée de livreurs, qui distribuent près de 1 milliard de colis par an. Leur statut d’emploi fait l’objet d’un combat qui pourrait forcer Amazon et d’autres grandes entreprises de livraison à assumer la responsabilité de ces travailleurs.

Lundi, le maire Zohran Mamdani a mis tout son poids derrière le projet de loi sur la protection des livreurs, actuellement à l’étude au conseil municipal. Cette me vise à réglementer les activités de livraison à domicile d’Amazon, FedEx et d’autres entreprises, en les obligeant à embaucher des livreurs plutôt que de recourir à des sous-traitants.

« Des entreprises comme Amazon bâtissent des modèles d’affaires valant des milliards de dollars en refusant toute responsabilité grâce à un système de sous-traitance basé sur l’exploitation », a déclaré M. Mamdani. Il décrit le projet de loi comme une « réglementation fondée sur le bon sens qui protège les livreurs et les collectivités, garantissant que les entreprises qui profitent du travail des employés assument les conséquences de leurs pratiques commerciales ».

Cette initiative intervient dans une ville où les consommateurs apprécient grandement la livraison à domicile, souvent quelques heures après avoir passé une commande en ligne. Les multinationales de distribution économisent en impartissant la livraison à des sous-traitants, ce qui leur permet d’éviter diverses réglementations concernant les salaires et avantages sociaux.

Contexte de la controverse

Les opposants au projet de loi, notamment Amazon, soutiennent que cette me rendrait la livraison plus chère et plus lente pour les consommateurs. Ils avertissent qu’Amazon pourrait être incité à déménager ses centres de distribution hors de la ville pour éviter les nouvelles règles, ce qui entraînerait l’élimination de milliers d’emplois locaux.

En janvier 2025, Amazon a annoncé qu’elle cessait la livraison directe au Québec, confiant cette partie du travail à des sous-traitants. Sept sites ont été fermés et 1 700 emplois directs ont été supprimés. Amazon a invoqué des enjeux de rentabilité, mais les syndicats ont perçu cette décision comme une représaille après un vote de syndicalisation à l’entrepôt de Laval.

Amazon a mobilisé une coalition de groupes d’affaires, y compris des chambres de commerce, pour s’opposer au projet de loi. Des représentants syndicaux estiment qu’Amazon a dépensé au moins 5 millions de dollars dans sa campagne d’opposition, qui comprend des publicités télévisées. Une étude publiée par un groupe financé par Amazon indique que la réglementation pourrait augmenter le coût de livraison de jusqu’à 5,20 $ par colis, soit 664 $ par an par ménage.

Conséquences potentielles

Si le projet de loi est adopté, New York pourrait devenir la première ville aux États-Unis à réglementer la livraison à domicile, selon le syndicat des Teamsters, qui milite pour le projet. Actuellement, les livreurs à New York commencent à un salaire d’environ 20 $ de l’heure, avec une moyenne proche de 24 $ de l’heure selon Amazon.

Le maire Mamdani, élu avec le soutien des Socialistes démocrates d’Amérique, pourrait ainsi se retrouver face à un test important de sa volonté d’affronter les grands intérêts des entreprises au nom des travailleurs mal payés.

Cet article est basé sur des informations du New York Times.

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