Myanmar : l’armée accusée de mener des attaques délibérées contre les civils

Myanmar : l’armée accusée de mener des attaques délibérées contre les civils

Un rapport annuel d’un mécanisme d’enquête indépendant pour le Myanmar, publié mardi, met en lumière des attaques délibérées contre des civils par l’armée. Ce document couvre la période de juillet 2025 à juin 2026. Le pays est en proie à un conflit depuis le coup d’État militaire de février 2021, qui a renversé le gouvernement civil et conduit à l’arrestation de ses principaux dirigeants, dont le président Win Myint et la conseillère d’État Aung San Suu Kyi. La répression des manifestations a alimenté une résistance armée, qui contrôle désormais de vastes portions du territoire.

Selon le rapport, les attaques contre les civils se sont intensifiées à l’approche des élections de janvier, et se sont poursuivies depuis. Les enquêteurs mettent également en cause des groupes armés opposés à la junte, notamment l’Armée d’Arakan, basée dans l’État de Rakhine.

Des écoles et des camps de déplacés pris pour cibles

Le mécanisme a retracé des frappes contre des habitations, des écoles, des établissements de santé, des lieux de culte et des camps de personnes déplacées. Dans plusieurs cas, il affirme avoir identifié les unités militaires responsables. Nicholas Koumjian, président du groupe d’enquête, a souligné que « derrière chaque élément de preuve se cachent des personnes dont la vie a été dévastée par ces crimes ». Il a appelé à une responsabilité urgente pour les responsables de ces violations.

L’usage croissant de drones et de paramoteurs par l’armée complique la protection des populations. Les enquêteurs rapportent que ces moyens permettent de mener des attaques à basse altitude, rendant leur détection difficile. Dans la région de Sagaing, des pilotes de paramoteurs auraient même coupé leur moteur à l’approche de leurs cibles, réduisant ainsi les chances d’alerte pour les civils.

Torture, violences sexuelles et peine de mort

Le rapport documente également des cas généralisés de torture et de violences sexuelles dans les centres de détention contrôlés par l’armée. Certaines détentions sont liées à une loi de 2025 criminalisant les critiques contre les élections, avec des peines allant jusqu’à vingt ans de prison, voire à la peine de mort pour des commentaires critiques publiés en ligne.

Les enquêtes ne se limitent pas aux forces de la junte. Le mécanisme examine également des crimes internationaux graves commis par des groupes armés opposés à l’armée.

L’Armée d’Arakan également mise en cause

L’Armée d’Arakan, active dans l’État de Rakhine, est sous enquête pour des exactions présumées contre les Rohingyas, une minorité musulmane persécutée. Les enquêteurs ont recueilli des éléments concernant des violences sexuelles, des exécutions sommaires et le recrutement forcé d’enfants de moins de 15 ans.

Les conclusions du rapport reposent sur plus de 1 600 sources, dont plus de 750 témoignages, ainsi que des photographies, des vidéos et des images satellites. Ce corpus vise à documenter les crimes commis dans ce conflit qui dure depuis plus de cinq ans et à identifier ceux qui pourraient un jour être tenus responsables.

Source : Rapport du mécanisme d’enquête indépendant pour le Myanmar

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *