Des vendanges précoces dans le Jura : les vignerons face à des rendements réduits
Les vignerons du Jura ont entamé leurs vendanges bien plus tôt que prévu cette année, avec un début de récolte dès le 10 août. Cette situation résulte principalement des fortes chaleurs qui ont accéléré le cycle végétal de la vigne, une tendance observée dans toute la France.
À Cramans, les saisonniers s’activent dans les vignes malgré des températures élevées. Les raisins sont déjà prêts, et comme le veut la tradition, les premiers fruits récoltés serviront à la production de crémant. Matthieu Sermier, vigneron du domaine éponyme, souligne l’importance de commencer par les crémants, car ce sont les raisins les moins sucrés.
« On n’a jamais commencé au 10 août », déclare Matthieu Sermier, qui n’a pas de souvenirs d’une telle précocité. D’ordinaire, les vendanges commençaient autour du 23 août. Cette année, les vignerons doivent s’adapter à des conditions inédites, et il a fallu mobiliser des vendangeurs plus tôt que prévu, souvent en faisant appel à des étudiants et à des agences d’intérim.
Malgré le bon déroulement des premiers jours de récolte, Sermier prévoit une baisse significative des rendements. « On n’a pas eu d’eau cet été, donc les grains sont vraiment tout petits. Sur les crémants, je pense qu’on va être autour des 40 hecto-hectares, alors qu’on espérait 65 ou 70 hectos », précise-t-il.
Les jeunes vignes, surtout celles de moins de dix ans, montrent des signes de stress, avec des feuilles jaunies et des raisins qui ne mûrissent pas correctement. En revanche, les vieilles vignes semblent mieux résister aux conditions climatiques.
Dès le début des vendanges, les premières caisses de raisins sont arrivées à la cuverie de la fruitière vinicole d’Arbois. Cyril Tanazacq, directeur général de la cave coopérative, note que la saison de maturation a débuté rapidement, et les équipes doivent s’organiser en urgence pour gérer cette précocité.
Malgré les défis, Tanazacq évoque une lueur d’espoir avec de belles acidités dans les raisins, ce qui pourrait permettre d’obtenir un millésime de qualité, malgré les préoccupations liées à la sécheresse.
Source : France 3 Régions



