Narcotrafic : immersion au centre pénitentiaire de Réau, au cœur d'un quartier de haute sécurité – franceinfo

Narcotrafic : immersion au centre pénitentiaire de Réau

C’est une prison dans la prison : à Réau, en Seine-et-Marne, un quartier de haute sécurité est sur le point d’accueillir une vingtaine de détenus liés au crime organisé, principalement des narcotrafiquants. Pour les empêcher de diriger leurs réseaux depuis leur cellule, des mes de sécurité strictes sont mises en place, comprenant des portes blindées, des appels écoutés en direct et des parloirs sans contact.

Avant même la sortie de leur cellule, les détenus sont menottés et surveillés de près. Actuellement, aucun détenu n’est présent, mais leur arrivée est imminente. Une équipe de France Télévisions a eu un accès exclusif à ce nouveau quartier dédié à la lutte contre la criminalité organisée, où la sécurité est une préoccupation constante.

Pour accéder aux couloirs, le directeur de l’établissement fait traverser plusieurs points de contrôle, ainsi que de nombreux sas. Les cellules, situées sur deux étages, sont conçues pour être sécurisées, chacune mesurant 9 mètres carrés et dotée de portes blindées. Olivier Pipino, le chef d’établissement, a précisé que chaque détenu a accès à la téléphonie, avec une écoute en direct par le personnel.

Les fenêtres sont équipées de trois couches de barreaux pour éviter tout échange d’objets ou de messages entre les cellules. Les interactions entre détenus sont minimisées, avec pour seule exception des promenades de deux heures par jour, durant lesquelles ils sont regroupés par cinq, soigneusement choisis pour éviter que des membres de réseaux rivaux ne se rencontrent.

Pour prévenir l’introduction de téléphones dans la prison, des parloirs inspirés des États-Unis sont utilisés, où une vitre sépare les visiteurs des détenus, ne permettant la communication que par un hygiaphone. Sacha Straub-Kahn, porte-parole du ministère de la Justice, a souligné que ce système vise à maintenir un contact visuel tout en garantissant la sécurité.

Ce manque de contact physique a suscité des critiques, notamment dans d’autres établissements similaires, mais le ministère de la Justice défend cette approche, arguant que les familles représentent un point de vulnérabilité pour l’introduction d’objets interdits. Le coût des travaux de ce nouveau quartier s’élève à 4,5 millions d’euros, et aucune saisie de téléphone n’a été rapportée dans les autres quartiers de haute sécurité.

Source : Franceinfo

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