Ebola en RDC : une épidémie alarmante en pleine expansion
L’épidémie d’Ebola qui sévit en République démocratique du Congo (RDC) depuis le 15 mai 2023 a déjà causé plus de 2 000 décès pour un total de 4 381 cas confirmés. Ce bilan, publié par les autorités congolaises le 11 août, montre une aggravation préoccupante, le nombre de morts ayant doublé depuis le 22 juillet, lorsque le seuil symbolique des 1 000 décès avait été franchi. Cette situation fait écho à l’épidémie précédente, de 2018 à 2020, qui avait été la plus meurtrière à ce jour en RDC, avec près de 2 300 morts sur une période de vingt-deux mois.
Une propagation rapide et inquiétante
Les autorités sanitaires estiment que l’épidémie actuelle se propage cinq fois plus rapidement que les précédentes. Alors que l’épidémie de 2018-2020 avait mis plus de dix mois à dépasser les 2 000 cas, la situation actuelle a atteint ce chiffre en seulement deux mois. La transmission du virus se produit souvent lors des rites funéraires, où les familles des malades, malgré la défiance envers les mes sanitaires, continuent d’organiser des enterrements non sécurisés.
Un contexte de détection tardive
La souche Bundibugyo du virus a circulé sans être détectée pendant plusieurs mois avant que l’épidémie ne soit officiellement déclarée. Selon Jean-Jacques Muyembe, virologue congolais, la détection tardive a permis au virus de s’infiltrer profondément dans les communautés. De plus, des cas précoces ont été mal diagnostiqués, certains étant confondus avec des péritonites, ce qui a retardé la réponse sanitaire.
Un système de santé sous pression
En juillet, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a rapporté qu’environ 80 % des nouvelles infections se produisaient en dehors des chaînes de transmission établies. Les équipes de surveillance sont débordées et manquent de ressources, ce qui complique le traçage des contacts. De plus, la coordination de la réponse à l’épidémie a été confiée à une institution nouvellement créée, l’INSP, qui ne dispose pas de l’expérience nécessaire pour gérer une crise de cette ampleur.
Un soutien international insuffisant
Les récentes réductions de l’aide internationale ont également eu un impact négatif sur les efforts de surveillance et de contrôle de l’épidémie. Des éléments clés de la réponse à Ebola se retrouvent confrontés à des pénuries de financement et de personnel, rendant les interventions encore plus difficiles.
Vers un vaccin ?
Actuellement, il n’existe pas de vaccin homologué pour la souche Bundibugyo, contrairement à la souche Ebola Zaïre. Cependant, des études sont en cours sur le vaccin Ervebo, qui pourrait être évalué pour une utilisation dans le cadre de cette épidémie. Les experts de l’OMS ont suggéré que les données disponibles permettent de passer directement à une évaluation en phase 3.
Perspectives d’avenir
Au milieu de cette crise, le ministre de la Santé congolais a indiqué que l’ampleur de l’épidémie pourrait dépasser les estimations officielles. L’insécurité persistante dans les zones touchées et la défiance de la population compliquent la réponse sanitaire. Les experts estiment que cette épidémie d’Ebola est différente des précédentes, en raison de la rapidité de sa propagation et des défis uniques qu’elle pose.
(Source : L’Express)



