Cet été, Fabrice d’Almeida sonde les slogans des élections présidentielles sous la Ve République. De quoi se rafraîchir la mémoire avant l’élection de 2027. Aujourd’hui, 1981, avec ce slogan qui a marqué l’histoire de la communication politique : « La force tranquille ».
Publié
Temps de lecture : 2min
:quality(50)/2026/08/10/6a79bb70c18be808427802.jpg)
L’élection présidentielle de 1981 a vu émerger un slogan emblématique : « La Force tranquille », porté par François Mitterrand. Ce slogan accompagne la deuxième affiche de campagne du candidat, représentant Mitterrand devant un petit village, avec un clocher dont la croix a été habilement supprimée. L’affiche est déployée sur environ 2 500 panneaux publicitaires, marquant le paysage visuel de la campagne.
Présentée par Jacques Séguéla, l’affiche suscite une polémique quant à la paternité du slogan. Michel Bongrand, publicitaire du camp opposé, affirme que l’idée proviendrait d’un brainstorming de l’équipe pro-Giscard, qui aurait envisagé la formulation « Un pays fort et tranquille ». Jacques Séguéla, quant à lui, aurait suggéré « Un homme fort et tranquille », avant qu’une stagiaire ne propose finalement « La Force tranquille », ce qui a été retenu.
:quality(50)/2026/08/10/6a79bd0156b63185694773.jpg)
Bien que l’affiche ne modifie pas significativement les intentions de vote, elle s’inscrit dans une campagne globale, débutée quelques semaines plus tôt avec une première affiche, « L’Autre chemin. Une autre politique, un autre président », présentée par Séguéla au journal télévisé. Mitterrand souhaitait signifier que pour changer de politique, il fallait changer de président.
Jacques Séguéla, interrogé sur l’impact de la publicité, se montre modeste, affirmant que son rôle est de refléter le candidat, sans déformer son message. La campagne socialiste a également bénéficié d’un débat marquant entre les deux tours, où Mitterrand a pu retourner la situation à son avantage face à Valéry Giscard d’Estaing.
Le 10 mai 1981, François Mitterrand est élu président, mettant fin à 23 ans d’opposition. Il envisage alors une nouvelle ère, accompagnée d’un hymne socialiste écrit par Mikis Theodorakis, dont chaque phrase pourrait être considérée comme un slogan.



