Pourquoi les arbres absorbent-ils moins de carbone en cas de canicule et de sécheresse ?
Les arbres, jusqu’ici considérés comme des alliés essentiels dans la lutte contre le réchauffement climatique, rencontrent de plus en plus de difficultés à remplir leur rôle de puits de carbone. Actuellement, la France fait face à une sécheresse sans précédent, affectant 95 % de son territoire, selon une analyse de l’AFP basée sur les données de l’Observatoire européen de la sécheresse.
Pour survivre, les arbres ont besoin d’eau, de lumière et de dioxyde de carbone (CO2). Grâce à la photosynthèse, ils absorbent le CO2 et libèrent de l’oxygène, contribuant ainsi à réduire la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Cependant, lorsque les températures augmentent, leur respiration s’intensifie, entraînant une émission de CO2 supérieure à leur capacité d’absorption. De plus, le manque d’eau limite leur croissance et réduit leur potentiel de stockage de CO2.
Face à la sécheresse et aux vagues de chaleur, certains arbres perdent leurs feuilles, créant des paysages estivaux évoquant un « faux automne ». Ce mécanisme de survie leur permet de conserver l’humidité, mais sans feuillage, la photosynthèse est réduite, ce qui diminue encore leur capacité à capter du CO2.
Le retour à des conditions climatiques plus favorables ne suffit pas toujours à inverser cette tendance. Affaiblis par des épisodes de chaleur répétés, certains arbres meurent. Un arbre mort continue d’émettre du carbone lors de sa décomposition, restituant progressivement du CO2 dans l’atmosphère. Les incendies de forêt, dont le risque augmente avec la sécheresse, peuvent également libérer brutalement du carbone.
Un autre cercle vicieux se met en place : plus les arbres meurent, moins le sol bénéficie de leur ombre, ce qui accentue son réchauffement et son assèchement. Un sol plus chaud et sec fragilise à son tour les arbres, les rendant moins résistants aux conditions climatiques extrêmes.
Depuis 2017, le nombre d’arbres morts en France métropolitaine a connu une hausse significative. Selon l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), la mortalité des arbres a augmenté de 125 % entre les périodes 2005-2013 et 2015-2023. Par conséquent, les forêts françaises stockent de moins en moins de carbone, leur capacité d’absorption du CO2 ayant été divisée par deux en dix ans, passant de 57,7 millions de tonnes en 2011 à 31,2 millions en 2021.
Ce constat est préoccupant, car les forêts demeurent le principal puits de carbone naturel de la France.
Source : La Croix


