À la Une : Va-t-on vers un apaisement politique au Tchad ?
La question se pose après le discours prononcé hier par le président Mahamat Idriss Déby Itno. À la veille du 66e anniversaire de l’indépendance du pays, célébré ce mardi, le chef de l’État a lancé un appel vibrant à l’unité nationale et à la réconciliation. Il a également annoncé une grâce présidentielle visant plusieurs citoyens condamnés, conformément aux prérogatives constitutionnelles, selon le site Tchad Vision.
Cependant, Mahamat Idriss Déby Itno n’a pas précisé le nombre de bénéficiaires de cette grâce ni leur identité. Ces détails devraient être connus lors de la publication de l’acte présidentiel, prévue pour aujourd’hui ou dans les jours à venir, comme le souligne Afrik.com.
Des opposants graciés ?
Tous les regards se tournent vers les opposants politiques emprisonnés. La Coalition pour sauver la démocratie au Tchad (Cosadt) a demandé des mes d’apaisement dans un contexte marqué par des arrestations arbitraires. Ils réclament une grâce présidentielle pour Succès Masra, ancien Premier ministre, condamné à 20 ans de prison en août 2022. Les responsables de la Cosadt demandent également la libération de plusieurs membres du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP), condamnés à 8 ans de prison pour association de malfaiteurs et troubles à l’ordre public.
Leur état de santé se dégrade, d’après leurs avocats, qui dénoncent des conditions de détention déplorables. Huit dirigeants de partis d’opposition, dont le plus âgé, Valentin Biti, a 88 ans, sont concernés. Ils avaient été jugés coupables d’avoir fomenté une insurrection lors d’une manifestation interdite par les autorités.
Et Succès Masra ?
Succès Masra, arrêté en mai 2022, purge actuellement une peine de 20 ans de prison pour « diffusion de message à caractère haineux et xénophobe » et « complicité de meurtre ». Selon Jeune Afrique, un canal de discussion direct est ouvert entre lui et le président Déby, qui serait disposé à autoriser sa libération par le biais d’une grâce présidentielle, une option que Masra refuse.
Une amnistie plutôt qu’une grâce ?
Masra privilégierait une amnistie, qui effacerait les conséquences pénales de sa condamnation et faciliterait son retour sur la scène politique. Ce désaccord pourrait influer sur l’avenir politique de celui qui est devenu une figure majeure de l’opposition tchadienne. La question demeure : Mahamat Idriss Déby Itno est-il prêt à laisser revenir dans le jeu son principal opposant ? La réponse dépend des discussions en cours entre les deux hommes, loin des regards.
Source : RFI


