Mortalité infantile : comment la France est devenue l’un des mauvais élèves de l’Europe – L'Express

Mortalité infantile : la France parmi les mauvais élèves de l’Europe

En 2024, la France enregistre un taux de 4,1 décès pour 1 000 nouveau-nés, ce qui signifie qu’un bébé sur 250 meurt avant son premier anniversaire. Ce constat alarmant provient d’un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), publié discrètement le 5 août, alors qu’il était en attente depuis janvier 2026 dans les bureaux du ministère de la Santé. La France se positionne désormais au 23ème rang sur 27 pays européens en matière de mortalité infantile, alors qu’elle était classée 3ème entre 1996 et 2000.

Les auteurs du rapport identifient plusieurs facteurs explicatifs de cette situation. D’une part, l’âge moyen des femmes enceintes a augmenté, passant de 29,9 à 30,7 ans entre 2010 et 2019. La proportion de mères de 35 ans et plus a également crû, passant de 19,1 % à 25,8 % durant la même période. Le rapport souligne que le risque de complications, notamment de mortalité néonatale, augmente avec l’âge de la mère. D’autre part, l’augmentation de pathologies maternelles telles que l’obésité contribue également à cette tendance inquiétante.

La précarité sociale et économique joue un rôle significatif dans la mortalité infantile. Entre 2004 et 2022, le taux de mortalité infantile variait selon le statut socio-professionnel des mères : 2,2 ‰ pour les cadres, 3,5 ‰ pour les ouvrières, et 3,6 ‰ pour les employées, atteignant même 5,1 ‰ pour les femmes inactives ou dont la catégorie sociale est inconnue.

La proportion de femmes enceintes d’origine étrangère a également augmenté, avec 23,51 % des enfants ayant une mère née hors de l’UE en 2024, contre 16,11 % en 2010. Ces mères sont souvent plus exposées à la précarité et rencontrent des difficultés dans leur suivi médical en raison de barrières linguistiques et de problèmes d’accès aux soins.

Concernant l’impact des restructurations des maternités, le rapport indique que la fermeture de nombreuses petites maternités, initiée par des décrets de 1998, n’a pas eu d’effet significatif sur l’évolution de la mortalité infantile depuis 2011. Bien qu’il n’existe pas de modèle type d’organisation des maternités garantissant des résultats optimaux, des pays comme la Suède et l’Italie affichent des taux de mortalité infantile respectifs de 2,1 ‰ et 2,5 ‰ en 2023, malgré des systèmes de maternités variés.

Pour lutter contre cette problématique, l’IGAS préconise d’améliorer le suivi des femmes enceintes, notamment par la désignation d’un professionnel référent et le ciblage des populations vulnérables. En matière de néonatalogie, le rapport appelle à un renforcement des infrastructures, avec un ratio minimal d’un lit de réanimation néonatale pour 1 000 naissances. Enfin, il est souligné qu’un « plan stratégique de périnatalité 2027-2030 » doit être mis en œuvre pour redonner priorité à cette politique.

Source : L’Express, rapport IGAS

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