Un an après, des méduses contraignent à nouveau EDF à arrêter des réacteurs à Gravelines
Un afflux massif de méduses dans les systèmes de filtration de la centrale nucléaire de Gravelines a contraint EDF à arrêter trois réacteurs et à réduire la puissance d’un quatrième. Cet incident, survenu un an jour pour jour après un événement similaire qui avait paralysé le site pendant 48 heures, se produit malgré les renforcements de surveillance annoncés par l’entreprise. La hausse des températures océaniques et la surpêche sont souvent citées comme des facteurs favorisant la prolifération estivale de ces animaux marins sur le littoral.
Lundi, EDF a annoncé que les réacteurs n°2, 3 et 4 avaient été arrêtés, tandis que la puissance de l’unité de production n°1 a été réduite à 50%. Actuellement, seul le réacteur n°6 fonctionne à pleine capacité, le n°5 étant en arrêt programmé pour maintenance.
« Cette situation n’entraîne aucune conséquence sur la sûreté des installations, la sécurité du personnel ou sur l’environnement », a assuré EDF.
Gravelines, qui est la plus grande centrale nucléaire d’Europe occidentale, avait déjà été confrontée à un problème similaire l’année dernière, lorsque quatre de ses réacteurs s’étaient automatiquement arrêtés à cause d’un afflux de méduses. Le redémarrage avait été progressif, le dernier réacteur n’ayant été reconnecté au réseau électrique national qu’après une dizaine de jours.
Un record d’indisponibilités de puissance nucléaire liées à la sécheresse et à la canicule
La présence de méduses sur le littoral du nord de la France est un phénomène régulier et saisonnier. Toutefois, des experts notent que les signalements de grands bancs de méduses dans cette région deviennent de plus en plus fréquents chaque été. Divers facteurs, notamment l’augmentation des températures océaniques due au réchauffement climatique, expliquent cette prolifération.
Cet incident intervient alors que le parc nucléaire français a atteint un record d’indisponibilités liées à la sécheresse et à la canicule, avec un taux de 15,6% de puissance manquante, selon des données publiées par EDF. Cela souligne la vulnérabilité croissante de la production d’énergie nucléaire en France face aux changements climatiques.
Source : EDF, BFM TV



