À Pantin, des artistes investissent le plus grand cimetière d’Europe

À Pantin, des artistes investissent le plus grand cimetière d’Europe

Drôle d’endroit pour une rencontre. Et pourtant, c’est bien dans un cimetière que deux commissaires d’exposition, Patrice Chazottes et Inès Massonie, invitent le public à découvrir gratuitement les œuvres d’une vingtaine d’artistes, allant d’Andy Warhol à Gaëlle Choisne, en passant par Bianca Bondi et Laurent Grasso.

Certains de ces artistes sont résidents de Poush, un grand vivier d’ateliers installé dans un ancien immeuble de bureaux à Aubervilliers, tandis que d’autres ne le sont pas. Le cimetière de Pantin, qui relie les deux communes, permet de le traverser à pied ou en vélo, offrant une alternative sans embouteillages.

Une expo dans un immense cimetière

Le cimetière de Pantin mérite à lui seul le détour. Il est le plus grand de France et d’Europe, et se classe au septième rang mondial. Créé en 1886 pour accueillir les dépouilles des Parisiens, il s’étend sur plus de 107 hectares, comparativement aux 43 hectares du Père-Lachaise, offrant ainsi un poumon de verdure au cœur de la Seine-Saint-Denis.

C’est dans ce cadre étonnant, où s’alignent près de 145 000 sépultures, que se tient jusqu’à l’hiver l’exposition intitulée « Demeure ». Les œuvres sont disséminées le long d’une allée d’un kilomètre, invitant les visiteurs à une balade au vert sous les arbres centenaires.

Des œuvres très différentes en dialogue avec les lieux

Dès l’entrée (côté Aubervilliers), des néons enflammés de Laurent Grasso illuminent le pavillon d’accueil d’une lueur rouge intrigante. Les artistes interagissent tous de manière distincte avec ce contexte particulier. Thibault Lucas a conçu sa sculpture à partir de matériaux récoltés dans le cimetière, tandis que Julien Salaud s’est intéressé à la faune qui y évolue.

Charbel-joseph H. Boutros a gravé sur une dalle en granit le nom du tout premier visiteur de l’exposition, qu’il inscrira à nouveau pour la clôture. Max Fouchy fait apparaître des yeux ouverts dans la pierre, et Tilhenn Klapper suspend des sculptures évoquant des chauves-souris dans les arbres. Gaëlle Choisne érige un Autel en signe de résistance, tandis que Garance Butler-Oliva s’inspire d’un rituel juif et Valentine Prissette du motif d’une couronne mortuaire.

L’ensemble n’est ni morbide ni glauque. Il rend possible l’imaginaire dans un cimetière, fertilise ses sols en y intégrant des œuvres, et rappelle que cet endroit est un poumon de verdure et de vie sauvage, tout en respectant les rituels et la déférence qui lui sont dus.

Informations pratiques :
L’exposition se déroule du 30 mai 2026 au 15 novembre 2026 au cimetière parisien de Pantin, situé au 164 Avenue Jean Jaurès, 93500 Pantin. Plus d’informations sont disponibles sur le site poush.fr.

Source : Beaux Arts Magazine

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