REPORTAGE.

« Dans le village là-haut, on ne peut même pas y faire nos courses » : victimes du surtourisme, ces habitants excédés par les voitures manifestent près d’un site très prisé

Près des cascades de l’Artigue, les riverains vivent un quotidien difficile en raison du surtourisme, alimenté par l’attrait de la destination d’Auzat. Dimanche, ils ont choisi de manifester auprès des automobilistes pour les sensibiliser aux problèmes causés par le stationnement illégal.

En montant la route du village de l’Artigue, à Auzat, un randonneur a été accueilli par une vingtaine de personnes brandissant des banderoles. « La montagne, ça se gagne à pied », lui a lancé l’une des habitantes. Tous étaient là pour exprimer leur ras-le-bol.

« Nous avons compté près de deux cents voitures par jour durant les mois de juillet et août. Le parking ne peut accueillir qu’une soixantaine de véhicules. Les touristes se garent donc sur les bords de la route », a expliqué Théo, un manifestant.

Les habitants déplorent les nuisances causées par l’accumulation de voitures stationnées illégalement, qui rendent leur quotidien de plus en plus compliqué. Marie-Lise, une riveraine, témoigne : « On ne peut pas circuler. Se garer ici, même pour deux heures, nous empêche de bouger. »

Le risque d’incendie préoccupe également les habitants. Théo souligne qu’en cas d’urgence, un camion de pompier ne pourrait pas accéder au village. « Si un arrêt cardiaque survenait, les secours auraient de réelles difficultés à arriver », confirme le maire d’Auzat, Abdel El Yacoubi, ancien pompier.

En une heure, plusieurs dizaines de touristes se sont arrêtés pour écouter les manifestants. « Dans le village là-haut, on ne peut même pas y faire nos courses », a expliqué une manifestante. Une conductrice a même proposé son aide, tandis que Théo a rappelé qu’une pétition circulait pour sensibiliser davantage de personnes à la situation.

Malgré les efforts des habitants, certains automobilistes réagissent avec agressivité, affirmant qu’ils ne gênent personne. « On leur dit qu’un camion de pompiers ne peut pas passer, mais cela ne change rien », déplore Marie-Lise.

Pour attirer l’attention des touristes, Gabriel et Eléonore, deux enfants de 12 et 9 ans, ont même confectionné quatre-vingt-six fausses amendes pour sensibiliser les conducteurs. « Vous profitez de vos vacances, moi je subis », lit Gabriel sur l’une des amendes.

Cette situation soulève des questions sur la gestion du surtourisme et ses conséquences sur la vie des habitants, qui se sentent de plus en plus pris au piège.

Source : La Dépêche du Midi.

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