Trop souvent, les gens détruisent les nids : comment ce village est devenu un refuge pour les hirondelles

Dans le village de Naillat, en Creuse, les hirondelles de fenêtre volent en cercles autour du clocher torsadé, un spectacle qui fascine les habitants depuis des décennies. Bien que ces petits passereaux migrateurs soient en déclin depuis les années 1980, ils semblent s’épanouir dans ce cadre rural.

Sur la façade de la mairie, des dizaines d’hirondelles vont et viennent, se posant sur les linteaux des fenêtres. La maire, Mandana Denoueix, souligne leur importance : « Les personnes qui sont nées ici les ont toujours vues. Elles font partie de notre paysage rural ! » Ce lien entre les habitants et les oiseaux est renforcé par une légende locale affirmant que les hirondelles veillent sur le clocher.

Gilles Chesterman, consultant à la Ligue de protection des oiseaux (LPO), explique que les hirondelles trouvent à Naillat un biotope favorable : « Il y a des insectes, des matériaux pour faire leur nid, et des endroits où les nids ne sont pas détruits. » Ces oiseaux se nichent souvent dans les encoignures de fenêtres ou sous les toits, à l’abri du vent.

Les hirondelles bâtissent leurs nids avec des boulettes de terre et d’eau, où leurs petits grandissent entre le printemps et septembre. Cependant, la présence de ces nids peut être problématique pour certains habitants, qui se plaignent de saliss dues aux fientes. Trop souvent, cela conduit à la destruction des nids, forçant les hirondelles à quitter les lieux.

À Naillat, les habitants sont attentifs à la conservation des nids. Selon la maire, « lorsqu’il y a des bâtiments anciens, ils font en sorte de ne pas faire des travaux qui dérangeraient ces nids. » De plus, la loi interdit la destruction de l’habitat des hirondelles, qui sont protégées depuis 2009. Selon la LPO, entre 1980 et 2019, la population d’hirondelles de fenêtre a diminué de 26 % en Europe.

Lorsque des travaux de réhabilitation sont nécessaires, des nichoirs artificiels peuvent être installés pour compenser la perte d’habitat. Ces petits passereaux, ayant parcouru plus de 2 000 km depuis l’Afrique subsaharienne, trouvent ainsi un refuge à Naillat, contribuant à la préservation de leur espèce.

Source : France 3 Régions

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